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KEFISRAEL: Le blog de Rachel Samoul

Rosh Hashana 5771 - Nouvel an juif 5771
Voeux du président de l'Etat d'Israël, M. Shimon Peres

Calendrier des fêtes juives
2010 - 2011

Lundi 13 septembre ‏2010 à Yad Vashem
Symposium dans l’amphithéâtre de l’École Internationale d’Études sur la Shoah "Liège – une cité si ardente"… Les Juifs de Liège sous l’Occupation (1940-1944) - de Thierry Rozenblum

Dimanche 3 octobre 2010 au Centre Culturel d’Uccle à 16h00
Sous le haut patronage de l’Ambassade d’Israël en Belgique - l’UEJB présente : Opération Entebbe, l’héroïsme de Tsahal

     
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  Agenda culturel: Conférences
Brussels - Conferences

L’écrivain israélien David Grossman était à Bruxelles ce jeudi 14 janvier, à l’invitation de Flagey et de l’association littéraire « Het bescrijf ». Il s’est livré avec sincérité et profondeur sur l’acte d’écrire, à partir de son dernier roman.
18 janvier 2010
(cliquer pour agrandir)

Quelques uns des temps forts de cette rencontre marquante.

 

« J’ai continué à écrire parce que c’est ma seule manière de vivre.» A ces mots, la voix de David Grossman marque un temps d’arrêt, son corps se tasse au fond du siège sur la vaste scène dépouillée. L’auditoire immense qui lui fait face retient également son souffle. Impressionnant. Impressionné. Moment d’estime et de respect entre l’écrivain et le public.

« Retourner à l’écriture après la shiva, les sept jours de deuil qui ont suivi la mort de mon fils Uri à la fin de la guerre du Liban, était pour moi la seule possibilité d’être. L’énergie de raconter l’histoire m’a porté. Pouvoir imaginer, créer, insuffler la vie m’a permis de sortir de la gravité, du chagrin. Ce drame m’avait plongé dans un exil total de tout ce qui m’entourait. Ecrire m’a fait regagner ma place, réinvestir ma maison, ma famille. C’est étonnant ce que l’écriture nous donne à vivre. »

 

Le dernier roman de David Grossman était en cours depuis trois ans; la mort de son fils n’a pas changé le livre. « Icha borahat mibsora » publié à l’automne en néerlandais sous le titre «Een vrouw op de vlucht voor een bericht » raconte l’histoire d’une femme de cinquante ans, Ora, divorcée, mère de deux garçons, Ofer et Adam, qui tente de retarder le destin en sillonnant les sentiers de randonnée en Galilée. Elle avait prévu de faire ce périple avec Ofer, son fils de 21 ans, tout juste libéré du service militaire, mais celui-ci s’est porté volontaire pour rejoindre l’armée dans l’urgence d’une nouvelle opération de défense du pays. Malgré la déception, elle le conduit en voiture au point de rassemblement des soldats en partance pour la guerre. Seule, sur le chemin du retour, elle s’interroge : « comment se fait-il que je sois davantage fidèle à l’armée qu’à mon fils ? » Un sombre pressentiment s’insinue en elle. Ofer va mourir. Elle prend une décision impensable : elle ne sera pas là quand les trois soldats envoyés par l’armée frapperont à sa porte. Ils ne pourront pas annoncer qu’il a été tué. Son absence laisse la place à un espoir possible.

« Il est très important pour moi d’accompagner ce livre » expose David Grossman en préambule à la rencontre. « Je ressens une responsabilité particulière à le porter à la connaissance du public. Pendant 5 ans j’ai vécu avec Ora, sa famille, son entourage, j’ai mis toute mon énergie à forger la moindre nuance de mes personnages. J’ai toujours du mal à les abandonner, à terminer un roman. C’est une coupure radicale avec un univers créé, vivant. Aussi je ne relis jamais le livre une fois édité. »

La longue route d’Ora en Galilée, sur ce que l’on appelle « hashvil Israël », « le sentier d’Israël », David Grossman l’a suivie, en marcheur solitaire, depuis le nord jusqu’à Jérusalem. « J’aime la marche, elle ouvre quelque chose en chacun de nous » révèle-t-il. « A des gens que j’ai croisés en chemin j’ai demandé : Que regrettez-vous dans la vie ? A quoi aspirez-vous ? Autant de questions très intimes. A mon grand étonnement, ils m’ont répondu sans hésitation, comme s’ils s’attendaient à ce qu’on les leur pose. »

Ora est une mère et une femme frustrée. Son mari l’a quittée, ses enfants jadis si proches la rejettent, se sentant menacés par ses doutes, ses anxiétés. A son tour elle se sent trahie. Elle regrette de ne pas avoir eu de fille. « Une fille, cela change une famille » lâche Grossman. Dans sa fuite, Ora va croiser la route de son premier amour, Abraham. Grièvement blessé au cours de la guerre des Six Jours, en 1967, il s’est complètement coupé du monde. Elle va le forcer à la suivre dans son errance. A contre cœur, il va l’écouter raconter par le menu son histoire et celle de son fils. Imperceptiblement, il s’ouvre à la vie d’Ofer puis à l’extérieur. Plus Ora lui en parle dans les moindres détails, plus il redevient un être vivant.

« Ce livre est centré sur la fragilité de la bulle familiale. Il n’y a rien de plus important à mes yeux d’écrivain que le cadre de la famille. Je relate comment l’irruption de la guerre influence l’intimité d’une famille. » David Grossman avoue écrire le plus souvent sur ce qui le terrifie le plus, comme ici la peur d’affronter la vérité, les annonceurs de la mort. « Je place toujours l’individu  en butte à une situation arbitraire. Mais je ne me sens jamais une victime, tient-il à préciser.

Le personnage d’Abraham au début du roman incarne le repli sur soi, la limitation de soi sous la contrainte de la réalité. « Pour répondre aux dangers extérieurs, on dépense beaucoup d’énergie, on perd sa créativité. C’est pour cela que l’écriture est la véritable nécessité de la vie. De même, vivre dans cette région torturée par la guerre vous force à voir votre ennemi comme quelqu’un sans visage. Ecrire permet exactement le contraire, donne le moyen à l’écrivain comme au lecteur de regagner une réalité, d’ouvrir leur sensibilité à tous les personnages. C’est un effort indispensable, que chacun peut faire. On ne pourra régler le problème entre les Israéliens et les Palestiniens sans prendre en considération l’individualité de l’autre. »

S’il lui est arrivé de perdre espoir, l’énergie toujours se régénère. « J’aime mon pays, il  abrite un tel potentiel qui ne demande qu’à s’épanouir avec la paix. Alors, je reprends courage. »

 

Agnès Bensimon

Attachée culturelle

Ambassade d’Israël

 

David Grossman à Flagey
14 janvier 2010
(cliquer pour agrandir)
L’Europe par ses auteurs

Dans la série ‘L'Europe par ses auteurs’, l’ambition de Flagey et de l’organisation littéraire Het Beschrijf est d’inviter des auteurs d’envergure mondiale, dont les œuvres influencent nos façons de penser, en Europe et au-delà. Après la venue de Timothy Garton Ash, vingt ans après la chute du Mur de Berlin, c'est maintenant au tour de l'écrivain israélien David Grossman de venir parler de guerre et de paix.

Le célèbre écrivain israélien David Grossman a écrit avec 'Een vrouw op de vlucht voor een bericht' (traduction en français et anglais en 2010) un opus majeur dont le thème principal est la guerre, la menace et le désespoir au sein d'une famille. Le personnage principal Ora fait tout pour éviter l’annonce fatale de la mort de son fils dans le conflit israélo-palestinien et quitte sa maison pour un voyage à travers la Galilée avec son amour d'enfance. Les personnages sont déchirés entre la fidélité à leur pays, leur religion, la relation entre une mère et son enfant. Un an et demi avant l'achèvement de l'ouvrage, l’auteur a lui-même vécu ce drame puisqu’il a perdu son fils cadet en 2006 dans la seconde guerre du Liban. Journaliste et critique littéraire, Annelies Beck parlera avec lui de sa famille et de l’histoire, des mécanismes de la guerre, du pouvoir et du rôle de l'Europe dans le conflit israélo-arabe.

  Interview: Annelies Beck (VRT)

Merci au service culturel de l'Ambassade d'Israël, Passa Porta Bookshop, Eunic Brussels

 

Infos & réservation

"La paix est-elle soluble dans l'humour?"
16 novembre 2009 -
(cliquer pour agrandir)

Dans le cadre de l’année bruxelloise de la Bande Dessinée, l'Institut de la Mémoire Audiovisuelle Juive organise un débat dessiné, sous la présidence de Viviane Teitelbaum 
 
LA PAIX EST-ELLE SOLUBLE DANS L’HUMOUR ?
avec :
 
Charles Berberian, Shay Charka, Uri Fink, dessinateurs
Joêl Kotek, historien et politologue - Dorith Daliot, traductrice littéraire

 
Quand?: le lundi 16 novembre 2009 à 20h00
Où?: Salle Dupréel, Av. Jeanne 44 - 1050 Bruxelles
PAF: 5 euros
Réservations au 02 344 86 69
 

De plus en plus souvent,  la question délicate « peut-on  rire de tout ? » se pose à nous et parfois même nous divise. Quelle est la frontière entre liberté d'expression et offense ou insulte, lorsqu'il s'agit d'une  caricature antisémite ou de celle d'un homme politique? Pourquoi l'un relève-t-il d'une incitation à la haine et l'autre pas ? Faut-il comme le dit le caricaturiste Plantu : «  être respectueux dans l'irrespect » ? Doit-on rester dans le « politiquement correct » ? Peut-on encore défendre la liberté d'expression ?
Les Israéliens, Uri Fink et Shay Charka, qui participent à notre débat, ont été parmi les dessinateurs choisis pour prendre part à  « Cartooning for Peace / Dessins  pour la paix!» Cette association est née à la suite du colloque «Désapprendre  l'intolérance» organisé sous les auspices de Jean  Plantu et de Kofi Annan en 2006. Comme l'a souligné ce dernier à ce colloque  « Les dessins de presse  nous font rire, (...) c'est aussi une chose sérieuse : ils ont le  pouvoir d'informer mais aussi d'offenser !»
C'est la seconde partie de cette phrase qui sera le thème de la rencontre entre les dessinateurs Uri Fink et Shay Charka, Charles Berberian - dessinateur de « Mr Jean » et Joel Kotek, historien et politologue. L’humour permettant de créer des liens, nous tâcherons, à l’occasion de notre soirée, de faire tomber quelques murs ou préjugés, faits de clichés, en privilégiant la dérision, l’autocritique et le dialogue.

Aperçu avant impression  
 Voir également:

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 Conférences - 3/13/2007 4:44:57 PM

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