 | | (cliquer pour agrandir) | |
Dans le Maariv du week-end du 13 avril, un scoop : une ferme israélienne fait pousser un cactus comestible et sans piquants avec des propriétés qui lui permettent de traiter l’hypertension et le diabète. Ce tendre cactus est originaire du Mexique où il est considéré comme une délicatesse et peut se cuisiner comme un steak dans une poêle ou au four enveloppé d’un papier aluminium. La figue de barbarie, sabra (tzabar en hébreu), fruit d’une autre sorte de sabras, aussi originaire du Mexique et qui s’est acclimaté en Terre sainte seulement au XIXème siècle, a depuis quelques années perdu aussi la plupart de ses piquants avec la nouvelle variété Ofer. Ce terme désigne aussi l’Israélien né en Israël et a servi à propager le stéréotype de l’Israélien, piquant à l’extérieur mais doux, tendre et succulent à l’intérieur. Le sabra, l’Israélien, aurait-il, lui aussi, suivi la même évolution que le fruit et a perdu la plupart de ses piquants ? J’interroge mes amis israéliens et les avis sont plus que partagés. Certains pensent que les Israéliens, qui, ces dernières décennies, ont beaucoup voyagé, ont appris en se frottant à d’autres peuples à être moins agressifs, plus polis. La perte de leurs piquants serait l’un des bénéfices secondaires de la mondialisation ! Plus les sushis bars prolifèrent en Israël aux dépens des kiosques à falafels, plus les Israéliens perdraient leurs arêtes ! La Hutspah, le culot, l’arrogance sont toujours là, me dit un autre de mes amis. Regarde comme ils sont bourrus et directs, comme ils ne s’encombrent pas de formules de politesse. N. suggère une comparaison plus appropriée d’après elle, celle du hérisson : l’Israélien, n’est pas un sabra/cactus mais un kipod/hérisson. Comme l’hérisson, l’Israélien se met en boule et sort ses piquants seulement s’il est attaqué. Une autre me parle du film « Beaufort », actuellement en salle en Israël. Son metteur en scène Joseph Cedar a obtenu l’Ours d’Argent du meilleur metteur en scène au 57ième festival du film de Berlin. Le film fait le portrait des soldats en poste dans une place forte au sud du Liban, près des restes de la forteresse croisée du Beaufort, juste avant le retrait israélien en 2000. Pour cette amie, le film perpétue le stéréotype du sabra, les soldats israéliens, malgré leur dureté apparente, sont sensibles. Le film parle de la guerre, de la responsabilité collective et individuelle. Comment les Israéliens doivent-ils éduquer leurs enfants, à être tendres ou forts, à faire la guerre pour leur pays, au péril de leur vie, ou à protéger leur vie au péril de la vie de l’Etat d’Israël ? Des questions difficiles et douloureuses surtout maintenant à la veille de Yom Hazikaron. Pourtant, il est nécessaire de se les poser. En Israël, le passage du Yom Hazikaron avec son cortège de cérémonies dans les cimetières et de deuil à celui de Yom Haatzmaout avec ses feux d’artifices et sa liesse populaire est toujours abrupt. Deuil et joie, dureté et tendresse. Finalement la comparaison de l’Israélien au sabra est peut-être plus qu’un stéréotype, plutôt une métaphore de la situation en Israël. En tous cas, aux Sabras avec ou sans piquants, à tous les habitants d’Israël, et à tous ceux qui apprécient les Sabras, toute l’équipe de l’Ambassade d’Israël souhaitent un excellent Yom Haatsmaout. 59 bougies pour l’Etat d’Israël et comme le font les Israéliens aux anniversaires, une de plus pour l’année prochaine…. Rachel Samoul - Ambassade d'Israël en Belgique et au Luxembourg |