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KEFISRAEL: Le blog de Rachel Samoul

du 26 août au 3 septembre 2010 dans le cadre du festival ECRAN TOTAL 2010
Zion et son frère, un film réalisé par Eran Merav,avec Reuven Badalov, Ronit Elkabetz et Ofer Hayun

Save the date !!!
Vendredi 3 septembre 2010 Rencontre avec Meir SHALEV

Lundi 13 septembre ‏2010 à Yad Vashem
Symposium dans l’amphithéâtre de l’École Internationale d’Études sur la Shoah "Liège – une cité si ardente"… Les Juifs de Liège sous l’Occupation (1940-1944) - de Thierry Rozenblum

Dimanche 3 octobre 2010 au Centre Culturel d’Uccle à 16h00
Sous le haut patronage de l’Ambassade d’Israël en Belgique - l’UEJB présente : Opération Entebbe, l’héroïsme de Tsahal

Calendrier des fêtes juives
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  Yad Vashem: Cérémonies
Brussels - Ceremonies

LIÈGE - L'ambassadrice d'Israël en Belgique est venue remettre la récompense de Justes parmi les nations à Félix et Françoise Deprez.
vendredi 7 mai 2010
(cliquer pour agrandir)

Source: Actu24 - Julien BIL

 

Vendredi 7mai, en fin de matinée, il régnait beaucoup d'effervescence aux alentours de la salle Mathieu de Geer. En cause, la présence de Mme Tamar Samash, l'ambassadrice d'Israël en Belgique, venue remettre les marques de reconnaissance décernées par l'Institut Yad Vashem de Jérusalem, à titre posthume, à deux citoyens belges reconnus « Justes parmi les nations », Félix et Françoise Deprez, de Grande -Enneille, pour avoir caché et hébergé Charles Lerner, le sauvant ainsi de la déportation et d'une mort plus que certaine.

 

« Quiconque sauve une vie, sauve l'univers tout entier, a rappelé l'ambassadrice d'Israël dans son discours. C'est la mention gravée sur l'une des faces de la médaille de l'Institut Yad Vashem, que je vais avoir l'honneur de remettre aux descendants de Félix et Françoise Deprez, Irène et Daniel, symbole de la très grande reconnaissance d'un peuple qui a tant souffert des horreurs de la dernière guerre et payé un si lourd tribut dans les camps de la mort. Félix et Françoise Deprez rejoignent ainsi les 1 500 citoyens belges qui, à ce jour, ont été reconnus Justes parmi les nations. » Émotion ensuite quand Irène et Daniel Deprez les enfants survivants ont pris la parole pour raconter l'histoire du petit Charles Lerner. « Janvier 1943. Le petit arrive de Liège avec ses affaires. il a l'air triste et parle très peu. L'enfant s'appelle Charles Somers, en réalité son vrai nom est Charles Lerner. Nous étions cinq enfants à la maison. Voici une anecdote. En novembre 1943, c'est la Toussaint, toutes les maisons suspectes doivent être visitées par les Feld gendarmes nazis. Ils ont cerné la région. Charles et Izi Rotenbach, son ami caché dans la ferme des Misson. Les deux gamins sont réunis et François, mon frère, devait les conduire dans la grande et épaisse forêt d'Enneille. Tout est prêt pour le départ couvertures et nourritures pour trois. Mais, Félix, mon père, trouve la météo insupportable et envoie tout le monde au lit. Il passera la nuit. Il a calé la porte avec la grande table ou il a déposé toutes ses armes de guerre et de chasse. Il se sent le dos au mur, il est prêt à défendre toute sa famille, les deux gamins en faisant partie. Heureusement, cette nuit-là, les nazis ne vinrent pas... » Émotion aussi au moment des photos quand Charles Lerner fait monter toute sa famille pour poser avec les enfants de ses sauveurs.

 

« Confrontés en permanence au risque quotidien d'être découverts, arrêtés et fusillés, Félix, Françoise et leurs cinq enfants défièrent les lois barbares de l'occupant nazi, estimant que la vie d'autrui était plus importante que le risque majeur qu'eux-mêmes encouraient », a résumé le bourgmestre Philippe Bontemps dans son discours.

 


CEREMONIE YAD VASHEM A L’AMBASSADE D’ISRAEL
30 NOVEMBRE 2009
(cliquer pour agrandir)

S.E.Mme. L’Ambassadeur d’Israël Tamar SAMASH a honoré au nom de l’Etat d’Israël et de l’Institut YAD VASHEM à Jérusalem, 4 Justes Parmi les Nations, à titre posthume.

 

Une cinquantaine de personnes invitées, représentaient les familles des sauveurs et des sauvés.

 

Discours de S.E.Mme Tamar SAMASH

 

Monsieur le Président de l’Union des Déporté

Madame la Vice-présidente de l’Enfant Caché,

Chers Amis,

Chers Justes,

 

En 1953, la KNESSET, le Parlement Israélien, promulgua la Loi sur la Commémoration des Martyrs et Héros de l’Holocauste. C’est dans le cadre de cette Loi,  que l’Institut YAD VASHEM fut créé,   dont l’un des objectifs est de rendre hommage aux Justes Parmi les Nations.

 

Comme vous le savez, l’Holocauste a été le génocide le plus important et le plus systématique  planifié et organisé par un Etat, dans les annales de l’histoire de l’humanité, un événement d’un mal sans précédent. Ce fut une tentative d’éradiquer de la face de la terre, le nom et la culture du peuple juif.

 

Durant ces années les plus sombres de l’histoire européenne, le peuple juif  était et se sentait seul.

 

Malheureusement, la douleur de l’antisémitisme est encore et toujours très fortement ressentie aujourd’hui, alors que des synagogues et des cimetières continuent d’être désacralisés par le poison de la haine.

 

Il  est  triste  de  constater  que  65  ans  après  la  Shoah,  le négationnisme perdure en Europe. La même Europe, sur la terre  de  laquelle 6 millions de Juifs,  et parmi eux 1 million et demi d’enfants ont été exterminés parce que Juifs.

 

Elie Wiesel a écrit : « Ce qui nous a étonné, après le tourment, après l’orage, n’est pas que de nombreux tueurs aient assassiné de si nombreuses victimes mais que si peu de personnes se soient souciées de nous. »

 

Seuls quelques justes non juifs, qu’Israël reconnaît à travers l’Institut YAD VASHEM, comme « JUSTES PARMI LES NATIONS » défièrent les lois barbares de l’occupant nazi. Prenant un risque personnel important, souvent armés de leur seule moralité, ces âmes courageuses ont contribué à sauver des vies juives alors que la grande majorité resta indifférente aux atrocités.

 

L’Etat d’Israël et les juifs à travers le monde honorent ces rares justes en leur remettant la seule médaille distribuée par l’Etat d’Israël.

 

C’est important, non seulement pour nous en tant que juifs, ou pour la communauté en général, mais aussi pour les enfants de ces héros, car leurs parents, refusèrent très souvent toute forme de gratitude et les enfants n’étaient et ne sont pas conscients des actes héroïques de leurs parents.

 

De nombreux survivants ne trouvèrent ni la force, ni le courage de se souvenir de ces années difficiles passées dans la clandestinité. Trop souvent, nous entendons les survivants exprimer leurs regrets de ne pas avoir déposé leurs témoignages au YAD VASHEM, plusieurs années plus tôt, du temps où les justes étaient encore en vie. Toutefois, aujourd’hui, je suis particulièrement émue de m’adresser aux enfants de ces Justes. 

 

Nous sommes réunis aujourd’hui pour nous souvenir et pour remercier Gustaaf et Coleta DE WITTE ainsi que Frans et Maria DE CONINCK, 4 citoyens belges, qui dans des temps de détresse, de terreur, de lâcheté, où les droits de l’homme les plus élémentaires étaient bafoués, où la dignité humaine était refusée à certains simplement parce qu’ils étaient d’une religion plutôt que d’une autre, ont eu le courage, l’héroïsme de se comporter en Homme, dans le plein sens, la pleine valeur morale et humaine du terme.

 

« Quiconque sauve une vie, sauve l’univers tout entier » :

C’est la mention gravée sur l’une des faces de la médaille que je vais avoir l’honneur de vous remettre, symbole de la très grande reconnaissance d’un peuple qui a tant souffert des horreurs de la dernière guerre et payé un si lourd tribut dans les camps de la mort.

 

En gravant le nom de tous les Justes dans la pierre de Jérusalem, l’Etat d’Israël souhaite perpétuer, enraciner profondément dans une terre de liberté retrouvée après deux mille ans d’exil, une terre d’où sont issus nos religions, nos principes moraux, le souvenir de ceux grâce à qui ces principes continuent d’être la lumière que nous suivrons. Je vous remercie

 

Gustaaf et Coleta DE WITTE

Frans et Maria DE CONINCK

 

Début 1939, la famille PERLBERGER fuit Berlin vers la Belgique et habite à Bruxelles jusqu’en juillet 1942.

 

A cette date ils reçoivent l’ordre de la gestapo de se présenter au « Sammellager » à Malines et cherchent un refuge pour se sauver.

 

Meier PERLBERGER ayant un contact amical avec Monsieur Gustaaf DE WITTE, demeurant à Schaerbeek, lui demande conseil si selon lui sa famille doit se présenter à Malines. Gustaaf DE WITTE insiste pour qu’elle ne se présente pas car elle n’en reviendrait jamais.

 

Gustaaf et Coleta mettent leur meilleure chambre à leur disposition et cacheront cette famille durant six semaines jusqu’à ce que cet endroit devenant trop dangereux à cause des rafles perpétrées contre les juifs de ce quartier, des amis chrétiens de Meier PERLBERGER les mettent en contact avec la famille DE CONINCK à Strombeek-Bever.

 

Frans et Maria DE CONINCK hébergeront cette famille et feront savoir aux personnes de leur entourage qui parfois s’informent sur leur présence, qu’ils sont des membres de leur famille venant du côté de l’Est de la Belgique.

 

Jacob et Markus racontent :

« Sans nous connaître, ils nous ont protégés, mes parents, notre sœur Léah et nous-mêmes en courant le risque d’être arrêtés par la Gestapo avec toutes les conséquences fatales. Tout cela sans le moindre avantage. Nous nous sommes enfuis de l’Allemagne en abandonnant tous nos biens derrière nous. Ils nous ont sauvés par pure bonté humanitaire »

 

C’est pour avoir caché et hébergé une famille juive en détresse, la sauvant de la déportation et d’une mort certaine, que l’Institut YAD VASHEM a décidé de décerner le titre honorifique de JUSTES PARMI LES NATIONS, à titre posthume, à Gustaaf et Coleta DE WITTE et Frans et Maria DE CONINCK.  

 

Discours de M. Jacob PERLBERGER

 

Madame l’Ambassadeur,

 

En premier lieu nous tenons à vous remercier mon frère et moi-même d’avoir consacré votre temps précieux, afin d’être présente et de vous engager personnellement au bon déroulement de la cérémonie. 

 

Mais n’oublions pas non plus Mme. Hélène Potezman qui était toujours prête et présente lorsqu’on avait besoin d’être informé aussi bien au niveau des invitations que de tout ce qui concerne l’évènement.

Merci egalement à vous tous qui êtes venus de près et de loin afin d’honorer ces merveilleuses familles, De Coninck et De Witte. Nous ne leur serons jamais assez reconnaissants pour ce qu’ils ont fait pour nous. Il est effectivement compréhensible que ce soit Yad-Vashem donc l’Etat d’Israël, qui leur confère la médaille des justes. Il y a une logique à cela. Vos parents ont risqué leurs vies pour nous donner un abri et ont tout fait pour nous protéger et cela sans intérêt personnel quelconque. Ils l’ont fait puisqu’ils avaient un moral élevé.

 

L’Etat d’Israël c’est pareil.  Il y a des années lorsque un appareil  d’Air France a été détourné par des terroristes vers Entebbe en Ouganda et que les passagers étaient pris en otages et pouvaient craindre le pire, les soldats de Tsahal n’ont pas hésité un instant et ont entrepris de les sauver en prenant des risques énormes. Ils l’ont fait parce qu’eux aussi avaient un moral élevé.  Donc la famille De Witte et De Coninck qui nous ont sauvé la vie ont un lien qui les unit sur le plan moral.

 

Dans la Thora donc la Bible et dans un contexte différent il est écrit:

D en parlant au peuple dit :

« Je vous propose la vie et je vous propose la mort, je vous propose le bien et je vous propose le mal et vous choisirez la vie ».

 

Chers amis, ces personnes ont choisi la vie et la vie du prochain était si importante pour eux qu’ils étaient prêts à nous sauver tout en mettant la leur en danger.  Dans le Talmud, le commentaire sur la Bible, nos sages écrivent :

“La naissance de l’être humain a trois associés :

Le père et la mère pour le physique et D qui insuffle à l’homme la vie ». 

Nos sauveurs en nous maintenant en vie, sont dans un certain sens également associés à cette création.  Nous et nos descendants ne les oublierons jamais.

Que D les bénit.     Amen  

 

 


Céremonie de Justes parmi les Nations à l'athenée Uccle 1

27 octobre 2009

Chaque année, l’Ambassade d’Israël a le privilège d’honorer des citoyens belges, qui au péril de leur propre vie, ont sauvé des enfants et des familles juives, des persécutions nazies.

Ce 27 octobre 2009, l'Ambassadeur d'Israël, Madame Tamar SAMASH, a remis les Marques de Reconnaissance décernées par l'Institut YAD VASHEM de Jérusalem, à titre posthume, à 10 citoyens belges reconnus “ JUSTES PARMI LES NATIONS ” pour avoir caché et hébergé des enfants juifs,  les sauvant ainsi de la déportation et d'une mort certaine.

Dans le souci d’encourager le dialogue interconfessionnel et l’universalité entre jeunes en communauté française, cette cérémonie a eu lieu à  L’ATHENEE UCCLE 1 à 1180 Bruxelles en présence de nombreux élèves et d’invités venant de France, d’Israël et du Canada.

 

Discours de Son Excellence l’Ambassadeur d’Israël, Madame Tamar Samash :


Monsieur l’Administrateur Général,
Madame la Préfète,
Mesdames et Messieurs en vos titres et qualités,
Chers enfants,
Chers Justes,


Permettez-moi, avant tout, de remercier chaleureusement la Préfète, Madame Monique LAMBERT, de nous accueillir à l’Athénée Royal Uccle 1 et de s'être associée à nous, avec des élèves et des professeurs à l'occasion de cet important évènement.

L'holocauste, la Shoah, fait partie de notre biographie personnelle. Pour nous, le peuple Juif, se souvenir de cette page la plus noire de l’histoire de l’humanité, est un devoir sacré.

Elie Wiesel a déclaré il y a quelques années : "La mémoire a été donnée à l'Homme pour créer un espace d'amitié, un espace de foi, un espace de générosité... dans le monde froid et cynique qui est le nôtre aujourd’hui, il est juste qu'on se souvienne qu'il est possible de résister au mal".

L'actualité nous démontre hélas, que la haine antisémite est toujours une triste réalité. Partout dans l'Europe qui se construit, nous observons une résurgence des démons du passé Révisionnistes, négationnistes et pseudo historiens tentent de semer le doute auprès de sociétés particulièrement vulnérables. Aussi, nous les vivants, n'avons pas le droit d'oublier l'Holocauste, ni ceux qui nous ont aidés durant l'Holocauste. Nous le devons, non seulement à nous-mêmes, mais à nos générations futures.


En cachant des Juifs en détresse, au péril de leur propre vie, les citoyens que nous honorons d'aujourd'hui, ont choisi de résister. Il ne s'agissait pas d'une résistance nationaliste contre l'armée d'occupation allemande. Non, c'était une résistance résolument éthique, un refus de ce que représentait la barbarie nazie, une volonté de ne jamais accepter une société profondément immorale telle que voulait l'instaurer la dictature hitlérienne, basée sur l'inégalité des races.

Il semble facile de dire aujourd'hui, dans notre société confortable et rassurante, que nous aurions sans doute agi de la même façon. Chacun d'entre nous, dans le fond de sa conscience, doit se poser la question et y répondre honnêtement.
Je pense que lorsqu'on met en balance tous les avantages de la neutralité avec les risques et les dangers encourus, il eut été plus facile à ces hommes et ces femmes de détourner leur regard et leur âme de la tragédie qui se jouait sous leurs yeux. Leurs âmes étaient bien plus grandes que leurs peurs.

Pourtant, "les Justes Parmi les Nations" avaient choisi, en âme et conscience, car ils savaient à quoi ils s'exposaient s'ils avaient été découverts : la détention, la torture ou la mort.


Et c'est ici que l'épopée des Justes prend toute sa dimension et qu'elle nous inspire le plus grand respect : au-delà des religions ou des conditions politiques, il y a l’éthique et la conscience personnelle.

En se distançant de tout sentiment d'indifférence, en bravant les lois de l'occupant et en sauvant des vies humaines en péril, parce que Juives, ces Justes ont rayonné en ces jours sombres dans lesquels l'humanité était plongée et ils nous permettent de renforcer notre foi dans l'être humain.


Chers Récipiendaires,

Nous allons bientôt évoquer des circonstances tragiques qui raviveront certainement des souvenirs pénibles pour vos familles, qu'un hasard dramatique a liées pour toujours.

Il fallait avoir de l'audace, du courage ainsi qu’un grand cœur pour choisir et pour agir en ces circonstances. Aujourd'hui, ce sont toutes ces qualités qui sont à l'honneur. C'est un réconfort pour chacun et un honneur qui rejaillit sur tous.

Aujourd'hui, Chers Justes, vous rejoignez les 1550 citoyens belges qui ont déjà reçu la médaille de YAD VASHEM sur laquelle est gravée la maxime de nos sages "quiconque sauve une âme, sauve l'univers tout entier" et votre nom sera à jamais incrusté dans la pierre de Jérusalem.

Grâce à vous, près d’un tiers de la population juive se trouvant en Belgique au début de la guerre a pu être sauvé. Au nom de l’Etat d’Israël et de YAD VASHEM, gardien de la mémoire, je voudrais, Chers Justes, vous dire tout simplement « TODA » du fond du coeur, Merci

 


Auguste et Raymonde DEHAEN

Henri MANDLER naquit à Vienne en 1938, l’année de l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne. Ses parents émigrèrent vers la Belgique en août 1938 et s’installèrent à Schaerbeek.

Suite à une dénonciation, ses parents furent arrêtés par la gestapo le 21 novembre 1942 et emmenés au camp de transit de Malines.

Le 12 octobre 1942, le petit Henri fut confié à une famille d’accueil, grâce à l’intervention du Comité de Défense des Juifs, chez Auguste et Raymonde DEHAEN.

Ce couple avait déjà un fils du même âge. Henri fut si bien intégré et choyé durant 2 ans que lorsque ses parents se présentèrent pour le récupérer, il ne les reconnut pas et en avait oublié l’existence ! 

Après la guerre, lorsque Henri retourna à Courcelles pendant les vacances scolaires, il se souvint de l’ambiance de la campagne avec beaucoup d’animaux et les jeux dans les champs.

Il garda contact avec sa famille d’accueil, qui s’était établie à Bruxelles, et ceci, jusqu’à leur décès.

Henri témoigne « il ne se passe pas un jour sans que j’ai une pensée pour eux, qui ont au péril de leur vie sauvé la mienne. Si je n’avais pas été recueilli, mes parents n’auraient pas pu rester à Malines car les Allemands ne gardaient pas de famille avec enfant dans ce camp de transit vers Auschwitz. C’est donc aussi grâce à ma famille d’accueil que mes parents ont échappé à la déportation et que nous avons été réunis à la fin de la guerre. »

C’est pour avoir bravé les lois de l’occupant, au péril de leur vie, en cachant un enfant juif persécuté, que l’Institut Yad Vashem a décidé de conférer le titre de Justes Parmi les Nations, à titre posthume, à Auguste et Raymonde DEHAEN.

 

 


Célestin et Emmy DENAYER

Eva MARCUSE est née en Allemagne et avait 12 ans quand elle arriva en Belgique en janvier 1939 avec un transport d’enfants, accompagnée de sa sœur et d’un jeune oncle. Un oncle de Bruxelles prit sa sœur et Eva fut placée chez Célestin et Emmy DENAYER, un couple résidant à Meise avec deux jeunes enfants.

Emmy DENAYER avait vécu avec ses parents en Allemagne et parlait donc l’allemand. La petite Eva venant d’une famille très religieuse et cachère reçut comme premier repas des macaronis au jambon/fromage, qu’elle refusa de manger !

Dans le village, tout le monde était au courant de l’identité réelle d’Eva, mais elle ne fut jamais dénoncée, pourtant elle se rendit à Bruxelles sans papiers, mais le fait d’être blonde et petite l’a peut-être sauvé. Elle resta chez ses sauveurs jusqu’en 1947.

Les DENAYER étaient dans la résistance et même Eva se souvient avoir   transporté des tracts dans ses souliers. Le jeune frère d’Emmy fut dénoncé et déporté à Cologne. Dans son témoignage, Eva insiste sur le caractère trempé dont faisait preuve sa sauveuse et qui aura été déterminant pour sa propre survie.

Malheureusement les parents d’Eva furent tout de suite déportés après son départ, sa mère fut fusillée à Lublin à 40 ans et sont père décédé dans le camp de Majdanek .

Les enfants des DENAYER, Stella et Jean sont décédés assez jeunes. Eva est toujours en contact avec la sœur d’Emmy, Jeanne VEGA. Eva MARCUSE-BAER est venue spécialement du Canada pour honorer ses sauveurs.

C’est pour avoir mis leur vie en danger en sauvant une fillette juive de la déportation et d’une mort certaine, que l’Institut Yad Vashem a décidé de conférer le titre de Justes Parmi les Nations, à titre posthume, à Célestin et Emmy DENAYER.

 

 

Abbé Jean Joseph LEGRAIN et
Marie-Louise LEGRAIN


Daniel KRIVINE est né le 15 avril 1915 à Lodz en Pologne. En août 1944, l’Abbé Jean-Joseph LEGRAIN et sa sœur Marie Louise le cache dans une petite chambre au grenier du Presbytère de Mirwart, dans les Ardennes.

Le frère de Daniel, Israël KRIVINE et sa femme Itka, sont placés chez le curé de Durnal, Désiré GODEFROID. Le frère de Désiré cacha quant à lui les deux filles de ce couple.

La nièce de l’Abbé, Anne-Marie Ducarme, raconte :
« A l’époque mes frères et moi étions adolescents et connaissions le secret de nos parents, mais pour rien au monde, nous ne l’aurions jamais dévoilé à qui que se soit, car les représailles allemandes auraient été terribles pour nous tous. Ce que ma famille a fait était tout naturel et bien peu de chose quand on pense à la grande souffrance du Peuple juif durant cette période. Jamais nous n’oublierons. Au nom de notre oncle Jean-Joseph et notre tante Marie-Louise LEGRAIN, ma famille et moi vous remercions vivement de cet honneur que vous nous faites. »

Malheureusement, Daniel KRIVINE est décédé.

C’est pour avoir au péril de leur vie, caché et hébergé un enfant juif persécuté par les nazis, le sauvant de la déportation et d’une mort certaine, que l’Institut Yad Vashem a décidé de conférer le titre de Justes Parmi les Nations, à titre posthume, à l’Abbé Jean Joseph LEGRAIN et sa sœur Marie-Louise LEGRAIN.

 

Gustave et Anastasie LEUTENEZ


Yvonne SUFIT avait 3 mois quand ses parents, restaurateurs à Bruxelles, l’a placèrent en pension chez Gustave et Anastasie LEUTENEZ, un couple avec trois grands enfants.


De 1940, à fin avril 1942, Yvonne allait régulièrement chez ce couple à Anderlecht, mais dès 1942, Yvonne, qui avait 12 ans, resta cachée chez les LEUTENEZ jour et nuit. Sa mère la rejoignait toutes les nuits et le jour elle allait voir son mari dans une autre cache.

Yvonne ne parle que le néerlandais, ce qui pose problème quand les LEUTENEZ l’emmène voir ses parents. Elle est fort gâtée par ses sauveurs et leurs enfants.
 
Le 15 septembre 1942, les parents d’Yvonne sont emmenés par la Gestapo, d’abord à Malines et ensuite à Auschwitz où ils seraient décédés en octobre 1942.

A la fin de la guerre, Yvonne repris le chemin de l’école et termina ses études d’assistante sociale en 1951.

Anastasie décéda en 1959 et Gustave en 1971. Yvonne considère ses sauveurs comme  ses parents et ses relations ont été toujours été excellentes.

C’est pour avoir au péril de leur vie, tendu une main secourable à une fillette juive, en la sauvant de la déportation et d’une mort certaine, que l’Institut Yad Vashem a décidé de conférer le titre de Justes Parmi les Nations, à titre posthume, à Gustave et Anastasie LEUTENEZ.


Franciscus et Stéphanie WILLEMS


Salomon et Estéra TUCH avaient un magasin de fourrure à Anvers. En 1942, lors des premières rafles, ils placèrent leur fils Bernard chez Franciscus et Stéphanie WILLEMS à Geel, un couple dont les fils étaient dans la résistance « la Brigade Blanche ».  

Une de ses cousines de 18 ans, Sylvie HAUSER, vint chercher Bernard pour le ramener chez ses parents à Anvers. Arrivés sur place, personne ne répondit. Après quelques minutes un voisin sorti et expliqua que les allemands étaient venus chercher le couple TUCH dix minutes plutôt.

Sylvie et Bernard prirent le train pour Bruxelles et passèrent la nuit chez le frère d’Estéra, HAUSER Mozes qui était lui-même caché. Sylvie ramena le petit Bernard chez les WILLEMS dès le lendemain. Elle sera déportée en 1943 à Auschwitz et ne reviendra pas.

Franciscus et Stéphanie, gardèrent l’enfant chez eux sans savoir si quelqu’un viendrait le chercher, sans compensation financière, en connaissant les risques de dénonciation. Après la guerre, Bernard restera encore 2 ans chez les WILLEMS qui l’élevèrent comme leur propre fils.

Bernard témoigne « j’étais blond clair aux yeux bleus, j’allais à l’école tenue par des religieuses. J’ai participé aux fêtes de famille et je me souviens de la naissance de Francine, la fille aînée de Victor WILLEMS. En 1945, ma tante Adela est venue loger chez les WILLEMS avec sa fille Myriam pour profiter du bon air pendant un mois de vacances. Fin 1946, mon oncle Mozes est venu me chercher pour me ramener chez lui. Je me suis enfuis et j’ai rejoins les WILLEMS le soir. »

L’oncle Mozes devint le tuteur légal de Bernard  et le plaçât dans un orphelinat juif d’Anvers. Venant d’une famille catholique flamande et chaleureuse et se retrouvant seul dans un monde juif, francophone et laïc Bernard perdit tous ses repaires

En septembre 1949, le comité de l’orphelinat décidât de déménager en Israël. Bernard y est malheureux et correspond toujours avec les WILLEMS. En 1952, il a  13 ans et son oncle décide de son retour. Il poursuit sa scolarité à l’école Tachkemoni en section francophone. Ensuite dans une « Yechiva » à Anvers.

Aujourd’hui Bernard a fondé une famille et a pu retrouver la stabilité familiale et affective qu’il n’avait plus connue depuis son départ de Geel.

C’est pour avoir au péril de leur vie, caché et hébergé un enfant juif persécuté par les nazis, le sauvant de la déportation et d’une mort certaine, que l’Institut Yad Vashem a décidé de conférer le titre de Justes Parmi les Nations, à titre posthume, à Franciscus et Stéphanie WILLEMS.

 

 


 



CEREMONIE YAD VASHEM A DILBEEK

5 JUIN 2008

A l’Hôtel de Ville de DILBEEK-GRAND BIGARD, en présence du Bourgmestre Stefaan PLATTEAU, des Echevins et Echevines et de nombreux élèves. Au nom de l’Etat d’Israël et de l’Institut YAD VASHEM à Jérusalem, S.E.Mme l’Ambassadeur d’Israël Tamar SAMASH a honoré six Justes parmi les Nations,  originaires de Grand Bigard.

 

In 1953, werd door de Knesset – het Israëlisch Parlement – een wet aangenomen, die de oprichting bekrachtigde van het YAD VASHEM, het gedenkteken voor de SHOA, teneinde de nagedachtenis aan de 6 miljoen joodse slachtoffers van het nazisme te bestendigen.

 

Het Instituut voor de Herdenking van de Martelaren en Helden in Jeruzalem, Yad VASHEM, is sedertdien onvermoeibaar op zoek naar personen die, tijdens de Tweede Wereldoorlog, niet hebben geaarzeld om hun eigen leven en die van hun naaste familieleden in de waagschaal te stellen, teneinde joodse medeburgers aan de deportatie naar de uitroeiingskampen te onttrekken.

 

Sedert de oprichting, in 1962, van een Permanente Commissie, met als doel, deze redders in nood te eren, zijn wereldwijd 22000 personen als  « Rechtvaardigen der Volkeren » erkend, de hoogste onderscheiding die de Staat Israël toekent. 1480 Belgen kregen die eer toegewezen. Ik vermeld hier wijlen Hare Majesteit Koninging Elisabeth van België, wier interventie talrijke joodse levens zou redden.

 

De heldhaftige daden van edellieden, geestelijken, ambtenaren, en vele anonieme burgers, hebben ertoe geleid dat ongeveer één derde van de joodse bevolking die zich in België bevond voor het uitbreken van de oorlog, werd gered, onder hen duizenden kinderen.

 

Deze laatste jaren, heeft de Ambassade van Israël in België een werkelijke race tegen de klok op gang gebracht, met als doel, de talrijke Belgische redders in nood uit de anonimiteit te halen. Want het voorbeeld, getoond door deze “Rechtvaardingen der Volkeren” die wij vandaag huldigen, bewijst dat alle hoop niet mag worden opgegeven. Hun heldendaden zijn, zeker, nu wij in de Europese Unie geconfronteerd worden met een verontrustende opmars van fascistishe ideologiëen, een sterke boodshap.

 

De Ambassadeur van Israël, Mevrouw Tamar SAMASH, is bijzonder verheugd, bij deze gelegenheid, de Blijken van Erkentelijkheid over te handigen aan de nabestaanden van 6 Belgische onderdanen, die tijdens de bezetting een joods meisje van een gewisse dood hebben gered, en door het YAD VASHEM, de Titel van “Rechtvaardige der Volkeren” kregen toegekend.

 

 

DISCOURS DE S.E.Mme TAMAR SAMASH

 

Monsieur le Bourgmestre,

Mesdames et Messieurs en vos titres et qualités,

Chers Amis,

 

Permettez-moi avant tout de remercier de tout cœur, le Bourgmestre de Dilbeek, Monsieur Stefaan PLATTEAU, de s’être associé à cette cérémonie et de nous accueillir dans son hôtel de ville.

 

Environ un tiers de la population juive se trouvant en Belgique au début de la guerre, fut sauvée, grâce à l'action de ces Justes au comportement exemplaire et qui ont agi avec détermination aux heures les plus sombres du nazisme.

Nulle part ailleurs autant de Juifs ne furent sauvés, proportionnellement.

 

Nous, les vivants, n'avons pas le droit d'oublier, ne pas oublier l'Holocauste, ne pas oublier ceux qui nous ont aidés pendant l'Holocauste. Nous sommes les derniers témoins de cette page la plus noire de l'histoire.

 

Elie WIEZEL a dit “ Ne pas témoigner, c’est permettre à l’oubli de s’installer et cela équivaut à assassiner une deuxième fois les victimes, en effaçant leur mémoire ”.

 

Nous n’avons pas le droit d’oublier les tragédies qui ont marqué les peuples pendant la Seconde Guerre Mondiale et, en particulier, la SHOAH, qui a décimé le peuple Juif.

 

Nous n’oublions pas non plus tous ceux qui sont venus à notre secours pour nous éviter les persécutions nazies.

 

Les quelque 1480 belges, qui à ce jour ont été reconnus comme Justes, ne reflètent pas suffisamment le grand élan de solidarité de ces citoyens qui ont œuvré en faveur de leur prochain, au péril de leur vie.

 

Nous sommes réunis aujourd’hui pour nous souvenir et pour remercier 6 citoyens belges, qui dans des temps de détresse, de terreur, de lâcheté, où les droits de l’homme, les plus élémentaires, étaient bafoués, où la dignité humaine était refusée à certains, simplement parce qu’ils étaient d’une religion plutôt que d’une autre, ont eu le courage, l’héroïsme de se comporter en Homme, dans le plein sens, la pleine valeur morale et humaine du terme.

 

L'Etat d'Israël et le Peule Juif tout entier expriment leurs sentiments de profonde gratitude à Madame Mariette DE WIN, ici présente, ainsi qu’à ses parents Jean et Léonie DE WIN, à sa tante Catherine STEENPUT-JACOB, sa fille Isabella et son mari Petrus ANNAERT qui ont témoigné d’un engagement humanitaire total et ont agi avec courage et détermination, aux heures sombres du nazisme.

 

Leurs noms seront gravés sur le Mur des Justes belges au YAD VASHEM et leurs actes méritoires seront à jamais incrustés dans la pierre de Jérusalem.

 

Mariette DE WIN

Jean et Léonie DE WIN

Catherine STEENPUT-JACOBS

Petrus et Isabella ANNAERT

 

En septembre 1942, après une rafle à Anderlecht, la famille ZELIEZNIKAS trouva refuge chez une voisine.

 

Marie ZELIEZNIKAS venait d’avoir 12 ans et fut confiée chez une voisine amie à Jemmape. Sa grand-mère qui n’avait pas voulu suivre la famille, persuadée qu’on n’arrêterait pas une vieille femme malade, fut malheureusement déportée.

 

Marie fut cachée dans plusieurs endroits jusqu’au jour où elle rencontra une amie de classe, Denise HOUGARDY qui lui apprit que ses parents étaient prêts à l’accueillir pendant cette période troublée.

 

Marie y resta quelques mois mais l’argent vint à manquer et c’est à ce moment là que la famille DE WIN intervint.

 

La famille DE WIN était propriétaire de l’immeuble, rue Sergent de Bruyne où Marie habitait avec ses parents. Elle voyait souvent Léonie DE WIN et sa fille Mariette âgée d’une vingtaine d’année à l’époque.

 

Mariette DE WIN emmena Marie dans sa famille, chez Petrus et Isabella ANNAERT à Grand Bigard, elle fut présentée comme un membre d’une famille éloignée à tous les voisins et habitants du village.

 

Un an plus tard, en mars 1944, il y eut une rafle dans le village, Mariette emmena Marie à Bruxelles chez des amis où elle resta jusqu’à la libération.

 

Marie resta chez les DE WIN jusqu’en décembre 1945 et malgré son attente et son espoir, ses parents ne revinrent jamais de déportation.

 

Une sœur à sa mère revint de France où elle avait été cachée et emmena Marie vivre chez elle.

 

Marie raconte :

« Ni la famille ANNAERT, ni la famille DE WIN n’ont jamais demandé d’argent en échange des soins qu’ils m’ont apportés et des risques qu’ils ont pris. Après la déportation de mes parents, ils n’ont pas cherché à relouer notre appartement qui est resté sans locataire de septembre 42 à fin 45, espérant peut-être comme moi-même leur retour. Cette attitude atteste de leur désintéressement et de leur grande moralité. Mariette DE WIN prenait très souvent le risque d’être vue avec moi lorsqu’elle m’accompagnait d’une famille à l’autre.

J’ai gardé avec cette famille et plus particulièrement avec Mariette, des rapports proches et chaleureux. Je la considère comme ma sœur. Mes enfants l’apprécient beaucoup et mes petits-enfants m’ont dit récemment : si Mariette n’avait pas été là, nous n’existerions pas….. »

 

C’est pour avoir au risque de leur propre vie, caché, hébergé et pris soin d’une fillette juive, la sauvant de la déportation et d’une mort certaine, que l’Institut YAD VASHEM à Jérusalem a décidé d’octroyer la distinction honorifique de JUSTES PARMI LES NATIONS à Mariette DE WIN et à titre posthume à Jean et Léonie DE WIN, à Catherine STEENPUT-JACOBS et Petrus et Isabella ANNAERT.

 

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In september 1942, na een razzia in Anderlecht, dook de familie ZELIEZNIKAS bij een buurvrouw onder.

 

De twaalfjarige Marie ZELIEZNIKAS  was reeds in augustus aan een bevriende buurvrouw toevertrouwd, die in Jemappe leefde. Haar grootmoeder, overtuigd dat een zieke oude vrouw niet zou worden gearresteerd, weigerde de familie te volgen en werd jammer genoeg gedeporteerd.

 

Marie werd in talrijke verschillende schuilplaatsen ondergebracht tot de dag waarop zij een klasvriendin ontmoette, Denise HOUGARDY, van wie ze vernam dat haar ouders bereid waren, haar in deze troebele periode onderdak te verlenen.

 

Marie verbleef er enkele maanden, maar toen het geld tekort schoot kwam het gezin DE WIN tussen.

 

De familie DE WIN was eigenaar van het gebouw, gelegen aan de Sergent de Bruynestraat en waar Marie met haar ouders woonde. Zij zag dikwijls Leonie DE WIN en haar dochter Mariette, die toen twintig jaar oud was.

 

Mariette DE WIN bracht Marie bij haar familie, bij Petrus en Isabella ANNAERT in Groot-Bijgaarden. Zij werd aan de buren en de dorpsbewoners voorgesteld als een verre familielid.

 

Eén jaar later, in maart 1944, was er een razzia in het dorp. Mariette bracht Marie naar Brussel bij vrienden, waar zij tot aan de bevrijding zou verblijven.

 

Achteraf bleef Marie bij het gezin DE WIN tot december 1945 maar ondanks het lange wachten en veel hoop, zouden haar ouders nooit uit de deportatie terugkomen. Uiteindelijk ging Marie bij een tante aan moederszijde leven, die de oorlog in Frankrijk had overleefd.

 

Marie vertelt:

 

“Noch de familie ANNAERT, noch de familie DE WIN hebben ooit geld gevraagd in ruil voor de zorgen die ze mij hadden verstrekt en de risico’s die ze hadden genomen. Na de deportatie van mijn ouders hebben zij niet geprobeerd om ons appartement te verhuren, dat tussen september 1942 en eind 1945 leeg bleef, in de hoop waarschijnlijk, zoals het ook mijn hoop was, dat mijn ouders terug zouden keren. Deze houding illustreert hun belangeloosheid en hun hoge moraliteit. Mariette DE WIN nam heel vaak het risico, met mij gezien te worden toen ze mij van de ene naar de andere familie begeleidde.

Ik heb met deze familie en meer in het bijzonder met Mariette, zeer enge banden en warme contacten bewaard. Ik beschouw haar zoals mijn zuster.Mijn kinderen stellen haar erg op prijs en mijn kleinkinderen zegden mij onlangs: indien was Mariette er niet geweest was, hadden wij nooit bestaan …..”

 

Om met eigen levensrisico een joods meisje onderdak te hebben verleend, waardoor ze aan de deportatie en aan een gewisse dood kon ontsnappen, besliste het YAD VASHEM instituut in Jeruzalem de ereonderscheinding van RECHTVAARDIGE DER VOLKEREN toe te kennen aan Mariette DE WIN, alsook postuum aan Jean en Leonie DE WIN, Catherine STEENPUT-JACOBS en Petrus en Isabella ANNAERT.

                                            



CEREMONIE YAD VASHEM A TOURNAI

26 mai 2008

A l’Hôtel de Ville de TOURNAI, en présence du Bourgmestre Christian MASSY, des Echevins et Echevines et de nombreux élèves. Au nom de l’Etat d’Israël et de l’Institut YAD VASHEM à Jérusalem, S.E.Mme l’Ambassadeur d’Israël Tamar SAMASH a honoré deux Justes parmi les Nations, à titre posthume, originaires de Tournai.

 

DISCOURS DE S.E.Mme Tamar SAMASH

 

En 1953, la Knesset, Le Parlement israélien, promulgua la Loi sur la Commémoration des Martyrs et Héros de l'Holocauste. C'est dans le cadre de cette loi que la Fondation YAD VASHEM fut créée, dont l'un des objectifs est de rendre hommage aux "JUSTES PARMI LES NATIONS".

 

Ces citoyens des pays européens, sous l'occupation nazie, qui, au péril de leur vie et de celle de leurs proches, se sont portés au secours de Juifs en détresse, conscients du risque qu'ils couraient et sans exiger quelque compensation ou récompense que ce soit.

 

Depuis l'établissement, en 1962, d'une Commission permanente avec pour but, la traduction pratique de la Loi, quelque 22.000 hommes et femmes se sont vus, à ce jour, conférer le titre honorifique de "JUSTES PARMI LES NATIONS".

 

Environ un tiers de la population juive se trouvant en Belgique au début de la guerre, fut sauvée, grâce à l'action de ces Justes au comportement exemplaire et qui ont agi avec détermination aux heures les plus sombres du nazisme.

Nulle part ailleurs autant de Juifs ne furent sauvés, proportionnellement.

 

Nous, les vivants, n'avons pas le droit d'oublier, ne pas oublier l'Holocauste, ne pas oublier ceux qui nous ont aidés pendant l'Holocauste. Nous sommes les derniers témoins de cette page la plus noire de l'histoire.

 

Nous le devons, non seulement à nous-mêmes, mais à notre jeunesse, particulièrement vulnérable en cette fin de siècle.

 

Elie WIEZEL a dit “ Ne pas témoigner, c’est permettre à l’oubli de s’installer et cela équivaut à assassiner une deuxième fois les victimes, en effaçant leur mémoire ”.

 

Nous n’avons pas le droit d’oublier les tragédies qui ont marqué les peuples pendant la Seconde Guerre Mondiale et, en particulier, la SHOAH, qui a décimé le peuple Juif.

 

Nous n’oublions pas non plus tous ceux qui sont venus à notre secours pour nous éviter les persécutions nazies.

 

Les quelque 1480 belges, qui à ce jour ont été reconnus comme Justes, ne reflètent pas suffisamment le grand élan de solidarité de ces citoyens qui ont œuvré en faveur de leur prochain, au péril de leur vie.

 

Nous sommes réunis aujourd’hui pour nous souvenir et pour remercier 2 citoyens belges, qui dans des temps de détresse, de terreur, de lâcheté, où les droits de l’homme, les plus élémentaires, étaient bafoués, où la dignité humaine était refusée à certains, simplement parce qu’ils étaient d’une religion plutôt que d’une autre, ont eu le courage, l’héroïsme de se comporter en Homme, dans le plein sens, la pleine valeur morale et humaine du terme.

 

L'Etat d'Israël et le Peule Juif tout entier expriment leurs sentiments de profonde gratitude à Louis LENGLEZ et sa fille Marthe PIPART-LENGLEZ qui ont témoigné d’un engagement humanitaire total et ont agi avec courage et détermination, aux heures sombres du nazisme.

 

Leurs noms seront gravés sur le Mur des Justes belges au YAD VASHEM et leurs actes méritoires seront à jamais incrustés dans la pierre de Jérusalem.

 

                                                                                             

Louis LENGLEZ et sa mère Marthe PIPART-LENGLEZ

 

A Lötz, en Pologne, Michaël et Malka KATZ élèvent 6 enfants. Michaël, intellectuel renommé et artiste confirmé, crée des dessins pour textiles, une voie qui se meurt. En 1929, il ouvre une épicerie à Bruxelles et en 1932, y installe sa famille.

 

En juin 1942, peur et angoisse pour ces 9 personnes cousant l’Etoile de David. Ils sont marqués, étiquetés, classés. Tous se réfugient provisoirement rue du Drapeau. Saufs mais dans le dénuement le plus complet, Ida brisera les scellés et ramènera quelques objets, quelques souvenirs.

 

L’aînée Anna, refoulée puis admise en Suisse dans un camp, y meurt sans soins le 9 mai 1943. La seconde Régine, est arrêtée à une conférence communiste, expulsée en 34, se marie à Paris, est prise dans la rafle du « Vel d’Hiv », envoyée à Drancy à Auschwitz où elle est aussitôt gazée. Albert est également marié et a un bébé de quelques mois. Noémie se marie, passe en Suisse puis en Espagne et gagne la Palestine.

 

Restent Ida, Bina et Doris à la maison. Ida se débrouille comme elle peut et fait du marché noir, dans ses déplacements elle rencontre des personnes qui veulent bien cacher la famille. Elle fait la connaissance de Mr et Mme MATON à Tournai qui lui procurent de fausses cartes d’identité et qui lui renseignent une certaine Madame Marthe LENGLEZ, veuve d’Edouard PIPART, qui exploite au 8 Quai Taille Pierre à Tournai avec son papa, une petite épicerie. Le fils de Marthe, Jean PIPART est instituteur et marié.

 

Sans hésitation, elle accepte d’héberger une partie de la famille d’abord, puis Albert et sa femme,  leur bébé est caché en institution.

 

La petite dernière, Doris est ballotée au gré d’évènements. Elle va vivre des années d’angoisse, de peur et d’isolement.

Au printemps 42, Ida lui trouve une cache à Calonne dans la famille GEENENS. Une famille dont le quotidien est rude, rivé aux champs et aux carrières. Les travaux ménagers incombent aux femmes et la petite Doris doit en prendre part. Louis LENGLEZ vient la chercher de temps en temps pour qu’elle puisse embrasser ses parents. Après avoir été dans plusieurs endroits, à la libération, en septembre 1944, elle retrouvera une partie de sa famille.

 

La famille KATZ regagne Bruxelles, le père donne des leçons de religion, les enfants se dispersent. Le silence se fait. Ida des USA, revient à Tournai, y cherche vainement Marthe. Le hasard la fait rencontrer Jean PIPART, petit-fils de Marthe, ingénieur à la ville. Les acteurs essentiels ne sont plus là, reste la gratitude.

 

Aujourd’hui, Doris est la seule survivante et est parmi nous.

 

C’est pour avoir, au péril de leur propre vie, caché, hébergé et nourri une famille juive en détresse, les sauvant de la déportation et d’une mort certaine, que l’Institut YAD VASHEM à Jérusalem a décidé de conférer le titre honorifique de JUSTES PARMI LES NATIONS, à titre posthume, à LOUIS LENGLEZ et sa fille Marthe PIPART-LENGLEZ.

 

 



La cérémonie du 22 mai 2008 à l’Ambassade d’Israël à Bruxelles

22 mai 2008

S.E.Mme. L’Ambassadeur d’Israël Tamar SAMASH a honoré au nom de l’Etat d’Israël et de l’Institut YAD VASHEM à Jérusalem, 3 Justes Parmi les Nations, à titre posthume.

 

Une cinquantaine de personnes invitées, représentaient les familles des sauveurs et des sauvés.

DISCOURS DE S.E.Mme Tamar SAMASH.

 

 

Mesdames, Messieurs,

 

Comme vous le savez, l’Holocauste a été le génocide le plus important et le plus systématique  planifié et organisé par un Etat, dans les annales de l’histoire de l’humanité, un événement d’un mal sans précédent. Ce fut une tentative d’éradiquer de la face de la terre, le nom et la culture du peuple juif.

 

Durant ces années les plus sombres de l’histoire européenne, le peuple juif  était et se sentait seul.

 

Il  est  triste  de  constater  que  65  ans  après  la  Shoah,  le négationnisme perdure en Europe. La même Europe, sur la terre  de  laquelle 6 millions de Juifs,  et parmi eux 1 million et demi d’enfants ont été exterminés parce que Juifs.

 

Elie Wiesel a écrit : « Ce qui nous a étonné, après le tourment, après l’orage, n’est pas que de nombreux tueurs aient assassiné de si nombreuses victimes mais que si peu de personnes se soient souciées de nous. »

 

Seuls quelques justes non juifs, qu’Israël reconnaît à travers l’Institut YAD VASHEM, comme « JUSTES PARMI LES NATIONS » défièrent les lois barbares de l’occupant nazi. Prenant un risque personnel important, souvent armés de leur seule moralité, ces âmes courageuses ont contribué à sauver des vies juives alors que la grande majorité resta indifférente aux atrocités.

 

L’Etat d’Israël et les juifs à travers le monde honorent ces rares justes en leur remettant la seule médaille distribuée par l’Etat d’Israël.

 

De nombreux survivants ne trouvèrent ni la force, ni le courage de se souvenir de ces années difficiles passées dans la clandestinité. Trop souvent, nous entendons les survivants exprimer leurs regrets de ne pas avoir déposé leurs témoignages au YAD VASHEM, plusieurs années plus tôt, du temps où les justes étaient encore en vie.

 

Nous sommes réunis aujourd’hui pour nous souvenir et pour remercier 3 citoyens belges, qui dans des temps de détresse, de terreur, de lâcheté, où les droits de l’homme, les plus élémentaires, étaient bafoués, où la dignité humaine était refusée à certains, simplement parce qu’ils étaient d’une religion plutôt que d’une autre, ont eu le courage, l’héroïsme de se comporter en Homme, dans le plein sens, la pleine valeur morale et humaine du terme.

 

« Quiconque sauve une vie, sauve l’univers tout entier » :

 

C’est la mention gravée sur l’une des faces de la médaille que je vais avoir l’honneur de vous remettre, symbole de la très grande reconnaissance d’un peuple qui a tant souffert des horreurs de la dernière guerre et payé un si lourd tribut dans les camps de la mort.

 

En gravant le nom de tous les Justes dans la pierre de Jérusalem, l’Etat d’Israël souhaite perpétuer, enraciner profondément dans une terre de liberté retrouvée après deux mille ans d’exil, une terre d’où sont issus nos religions, nos principes moraux, le souvenir de ceux grâce à qui ces principes continuent d’être la lumière que nous suivrons.

 

Je vous remercie

 

 

Alida CAPART - Sœur Marie-Charles 

 

Hedwig SCHLESINGER habitait avec ses parents en Allemagne en Bavière derrière une synagogue. Dès lors ils vécurent de très près la « nuit de cristal » en novembre 1938. Hedwig avait alors 6 ans.

 

Son père fut arrêté et passa 1 mois à Dachau. A son retour, les SCHLESINGER décidèrent de quitter au plus vite l’Allemagne et après plusieurs essais infructueux, ils arrivèrent à Bruxelles chez un oncle.

 

Lorsque le port de l’étoile jaune devint obligatoire, leur médecin traitant, Alphonse CAPART, proposa de les cacher chez sa sœur, Alida CAPART, qui était infirmière à Anderlues, près de Charleroi.

 

Alida CAPART occupait une grande maison où elle cachait d’autres personnes. Elle se débrouilla pour nourrir une vingtaine de personnes en récoltant du lait, du beurre et de la farine dans les fermes où elle soignait les gens.

 

Après une dénonciation, tout le monde trouva refuge chez des voisins. Alida envoya Hedwig et sa mère chez des amis. Le Bourgmestre de Fontaine l’Evêque leur trouva une nouvelle cachette et ainsi les SCHLESINGER furent sauvés jusqu’à la libération.

 

Après la guerre, Alida contacta Madame SCHLESINGER pour lui demander si elle voulait travailler avec elle comme gouvernante et ainsi cette famille put habiter avec elle pendant quelques années.

 

C’est pour avoir, au péril de sa vie, caché, hébergé et nourri une famille juive en détresse, en la sauvant d’une mort certaine, que l’Institut YAD VASHEM à Jérusalem a décidé de conférer le titre honorifique de JUSTE PARMI LES NATIONS, à titre posthume à Alida CAPART- Sœur Marie-Charles .

 

 

Albert et Rachel CLOET

 

Dora-Jeanine ZALESZTEJN est née le 8 juillet 1942 à Ixelles en pleine 2ème guerre Mondiale. Ses parents Rosalia et Josef, habitaient à l’époque à Saint-Gilles.

 

Josef est arrêté le 28 juillet 1942 par la Gestapo et envoyé à Malines, d’où il part le 4 août 1942 avec le 1er convoi pour Auschwitz. Il y décède en février 1943.

 

Rosalia ZALESZTEJN connaissait depuis 1940 la famille CLOET qui habitait à la campagne, dans la région d’Ypres. Rachel CLOET accepta d’accueillir Jeanine, elle-même venant d’accoucher d’une petite Monique.

 

Albert CLOET vint à Bruxelles pour emmener la petite Jeanine dans sa famille à Poelkapelle. Dès lors il y eut 2 bébés chez les CLOET,  qui avaient déjà 4 autres enfants.

 

C’étaient des gens simples et bons qui vivaient dans un coin isolé en Flandre ce qui était favorable pour se cacher.

 

Jeanine étant trop petite, n’a pas gardé de souvenirs de cette douloureuse période, mais après la guerre elle passa toutes ses vacances chez eux, accueillie avec joie et bonheur.

 

Albert et Rachel CLOET prirent un risque énorme pour toute leur famille, sans eux, Jeanine et sa mère auraient été déportées comme tant d’autres.

 

Les enfants CLOET avec qui Jeanine passa de nombreuses vacances, sont devenus grands-parents comme elle et quand ils se revoient ils parlent presque toujours de cette période.

  

C’est pour avoir, au péril de leur vie, caché, hébergé et nourri un bébé juif, en le sauvant d’une mort certaine, que l’Institut YAD VASHEM à Jérusalem a décidé de conférer le titre honorifique de JUSTES PARMI LES NATIONS, à titre posthume à Albert et Rachel CLOET.

 

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Dora-Jeanine ZALESZTEJN werd tijdens de tweede wereldoorlog, op 8 juli 1942, in Elsene geboren. Haar ouders Rosalia en Jozef woonden in die tijd in Sint-Gillis.

 

Jozef werd op 28 juli 1942 door de Gestapo gearresteerd en naar de Dossinkazerne in Mechelen gestuurd. Op 4 augustus 1942 werd hij met het eerste konvooi naar Auschwitz gedeporteerd, waar hij in februari 1943 overleed.

 

Rosalia ZALESZTEJN kende sinds 1940 de familie CLOET, die op het platteland in de streek van Ieper woonde. Rachel CLOET, die ook pas van de kleine Monique bevallen was, aanvaardde om Jeanine onderdak te verlenen.

 

Albert CLOET kwam in Brussel om de kleine Jeanine naar zijn familie in Poelkapelle te brengen. Bijgevolg waren er twee baby’s in het gezin Cloet, dat reeds 4 andere kinderen had: Agnès, Maria, Daniel en Willy.

 

Het waren gewone en brave mensen die in een geïsoleerde plek in Vlaanderen leefden, een gunstige plek dus om onder te duiken.

 

Daar Dora te klein was heeft zij geen herinneringen aan deze pijnlijke periode overgehouden, maar na de oorlog bracht zij al haar vakanties bij hen door, waar zij altijd met open armen ontvangen werd.

 

Albert en Rachel CLOET namen enorme risico’s voor hun hele familie.Zonder hen zou Jeanine, zoals talrijke anderen, gedeporteerd zijn geweest.

De kinderen CLOET, met wie Jeanine na de oorlog talrijke verloven doorbracht, zijn zoals zij grootouders geworden en wanneer zij elkaar terugzien wordt deze periode bijna altijd herdacht.

 

Om met eigen  levensrisico een joodse baby een veilig onderkomen te hebben verleend, waardoor deze aan een gewisse dood kon ontsnappen, besliste het YAD VASHEM Instituut in Jeruzalem de eretitel van RECHTVAARDIGE DER VOLKEREN postuum toe te kennen aan Albert en Rachel CLOET.

 



Cérémonie du 5 novembre 2007

CEREMONIE YAD VASHEM DU 5 NOVEMBRE 2007

 

 

A l’Hôtel de Ville de FOSSES LA VILLE, en présence du Bourgmestre Benoît SPINEUX, des Echevins et Echevines. Au nom de l’Etat d’Israël et de l’Institut YAD VASHEM à Jérusalem, deux Justes originaires de Fosses la Ville ont été honorés. Le sauvé et sa famille sont venus spécialement d’Israël

 

 

Henri et Alida VAN RYSSEL

 

 

En été 1942, Moshe OFFEN et sa fille aînée, Mali, furent internés à Malines et déportés vers Auschwitz. Son épouse, Mina OFFEN se rendit compte qu’il était urgent de trouver une cache pour elle et ses enfants.

 

Par l’entremise de L’Abbé André (reconnu Juste Parmi les Nations) la famille OFFEN fut placée à l’orphelinat St Jean Dieu, un orphelinat  à Namur et ceci, jusqu’en 1943.

 

Ensuite, Ytzhak OFFEN fut placé chez Henri et Alida VAN RYSSEL, une famille néerlandophone vivant à Fosses la Ville. La propriété comportait une ferme et un moulin. Le couple avait deux garçons et trois filles, nés entre 1919 et 1924. Tandis, que son frère Jacky, fut placé dans la famille COLLIN (reconnue Juste en 1995)

 

Ytzhak raconte dans son témoignage :

« Je fus entouré de beaucoup d’amour, sans différence avec les autres enfants, et participai aux travaux de la ferme comme tout le monde. Mes sauveurs ne recevaient aucune contribution et m’hébergèrent par pure bonté d’âme, mettant leur vie en danger pour la mienne.

 

Mon petit frère de trois ans et demi Jacky, était caché dans le même village, ainsi que ma sœur Esther de 11 ans, chacun dans une famille différente. Quand nous nous rencontrions dans la rue, nous faisions semblant de ne pas nous connaître.

 

Le fils cadet Gérard, alors d’une vingtaine d’années, me pris sous sa protection, m’aida dans les travaux de la ferme et du moulin et devint mon ami.

A la fin de la guerre les soldats allemands arrivèrent à la ferme. On me cacha. J’appris plus tard que Gérard était dans la Résistance.

Je suis toujours resté en contact avec Gérard et sa famille »

 

Ytzhak OFFEN est venu spécialement d’Israël avec sa famille pour honorer ses sauveurs. 

 

C’est pour avoir, au péril de leur vie, sauvé la vie d’un enfant juif, que l’Institut YAD VASHEM a décidé de conférer le titre honorifique de JUSTES PARMI LES NATIONS, à titre posthume, à Henri et Alida VAN RYSSEL.

 

 



La cérémonie du 8 octobre 2007 à l’Hôtel de Ville de Bruxelles
(cliquer pour agrandir)

En Présence du Bourgmestre de Bruxelles, Freddy THIELEMAN.S

 

S.E.M. L’Ambassadeur d’Israël Jehudi KINAR a honoré au nom de l’Etat d’Israël et de l’Institut YAD VASHEM à Jérusalem, 23 Justes Parmi les Nations, à titre posthume et 2 personnes en vie (98 et 85 ans).

 

Plus de 200 personnes invitées, représentaient les familles des sauveurs et des sauvés.  Ainsi que des représentants de la communauté Juive.

 

Des articles de presses sont parus dans

LE SOIR

LA LIBRE BELGIQUE

LA DERNIERE HEURE

DE STANDARD

HET LAATSTE NIEUWS

HET NIEUWSBLAT

LE REGARD

 

5 Télés étaient présentes, dont RTBF (1ère chaîne francophone) et TV BRUSSEL, VRT  (les 2 autres : ROB TV  et TV OOST -régionales)

 

Cérémonie très émouvante, où les sauvés ont pu remercier leurs sauveurs par des mots chaleureux.

 


Germaine CHANTRAINE

Wilhelm DAVIDS était avocat à Steele en Allemagne. Il a dû fuir en 1936 et a ainsi tout perdu, famille, carrière, cercle social….

Il s’installa à Bruxelles où il rencontra Germaine CHANTRAINE, infirmière en pédiatrie. Etant réfugié apatride, il ne pouvait se marier. Néanmoins le couple s’installa à la rue Joseph II.

Wilhelm fit venir sa mère, sa nièce et son neveu, afin qu’ils se sauvent de l’invasion nazie.

Le couple déménagea ensuite à Woluwé-Saint-Pierre. Wilhelm creusa un trou assez grand au bout du jardin, avec une porte camouflée, en vue de se cacher au cas où les nazis devraient fouiller le quartier.

La maison devint un refuge pour tous les amis juifs lorsque le centre ville devint dangereux. Ainsi Germaine CHANTRAINE accueillit bon nombre de personnes juives sans même les connaître dont Otto et Ruth HERTZ et leur fille Suzanne. Lors des alarmes, il y a avait parfois 15 personnes qui étaient cachées, nourries et souvent soignées chez Germaine CHANTRAINE.

Ainsi toutes les personnes cachées chez Germaine ne furent pas déportées. Garder ce secret fut une tension constante.

C’est pour avoir donné asile à plusieurs personnes juives, en les sauvant de la déportation et d’une mort certaine, que l’Institut YAD VASHEM a décidé de conférer le titre honorifique de JUSTE PARMI LES NATIONS, à Mme Germaine CHANTRAINE, ici présente.

 

Jean-Baptiste en Eugénie DE KOSTER

Sylvie FRAENKEL werd op 9 juni 1939 geboren als dochter van een Nederlandse vader en een Poolse moeder.

In 1939 vestigden haar ouders zich in St-Jans-Molenbeek en toen de oorlog uitbrak, beslisten zij naar Zuid-Frankrijk te vluchten. Het leven was daar zo duur, dat zij uiteindelijk naar Brussel terugkeerden. Een buurvrouw van het huis dat zij bewoonden had een schoonzuster waarvan de familie in een hoeve in Zellik woonde.

Jean-Baptiste en Eugénie DE KOSTER, die zelf 3 kinderen hadden, aanvaardden om de drie jaar oude Sylvie bij hen te verstoppen. Zij werd er beschouwd en geliefd als hun eigen kind.

‘s Nachts sliep zij tussen de twee dochters, Seraphina en Maria. Overdag hielp zij op het veld. Wanneer de sirenes afgingen voor een bombardement, nam Jean-Baptiste haar bij de hand om samen in de akkers te schuilen.

Op zondag morgen gingen de DE KOSTERS hun groenten op de Grote Markt in Brussel verkopen. Tot op heden ziet Sylvie de standplaats en waar ze het middagmaal namen voor zich, telkens wanneer zij op de Grote Markt komt.

Na de oorlog besliste het echtpaar FRAENKEL dat hun dochter eerst alleen op ‘s zondags naar huis zou komen, de schok te verzachten. Sylvie herinnert zich:  “Mama maakte lekkere hapjes, maar op een bepaald moment ben ik opgestaan en heb me naar tante Jenny gekeerd en ik zei: “en nu gaan wij terug naar huis”, want thuis, dat was Zellik.

Om een joods kind onderdak te hebben verleend, waardoor zij aan de deportatie en aan een zekere dood ontsnappen kon, besliste het YAD VASHEM Instituut de eretitel van Rechtvaardigen der Volkeren postuum toe te kunnen aan Jean-Baptiste en Eugénie DE KOSTER.

 

Léopold et Thérèse DEBECKER

Le Professeur Julien MENDLEWICZ vit le jour le 11 juin 1942, en pleine occupation allemande. Ses parents Mordka Chil et Tauba, furent obligés de trouver une cache dans différents endroits à Bruxelles.

Le 31 juillet 1943, Mordka Chil se rendit à La Bourse à Bruxelles pour acheter des vivres, lorsqu’il fut pris dans une rafle et envoyé au camp d’Auschwitz via le 21ème convoi et malheureusement, il ne revint jamais.

Madame MENDLEWICZ réalisa qu’elle devait tout faire pour sauver son enfant de 14 mois. Elle rencontra Léopold et Thérèse DEBECKER, qui acceptèrent immédiatement de prendre l’enfant en charge malgré les terribles risques qu’ils encouraient.

Le petit Julien fut choyé, hébergé et nourri sans aucune compensation. Les DEBECKER avaient la cinquantaine et vivaient avec très peu de moyens. Tauba, qui était cachée autre part à Bruxelles, visita secrètement son fils, dès que l’occasion se présenta.

Julien resta chez ses sauveurs jusqu’à la fin de la guerre en 1945. La séparation fut très difficile. Il retrouva sa maman et ils restèrent en contact avec les DEBECKER jusqu’à leur décès en 1960 et 1961.

Il ne reste aucune personne en vie de la famille DEBECKER, c’est pourquoi la médaille et le diplôme d’honneur sont remis au Président d’Honneur du Musée Juif de Bruxelles, Baron Georges SCHNEK.

C’est pour avoir mis leur vie en danger en donnant asile à un enfant juif, que l’Institut YAD VASHEM a décidé d’octroyer le titre honorifique de JUSTES PARMI LES NATIONS, à titre posthume, à Léopold et Thérèse DEBECKER.

 

Jules et Jeanne HARCHOUTS

Marion KAPHAN est née le 12 avril 1939 à Bruxelles. Ses parents étaient des juifs allemands qui avaient fui Berlin après la Nuit de Cristal, pour s’établir à Bruxelles.

Lorsque les allemands envahirent la Belgique en mai 1940, ses parents entrèrent dans la clandestinité. Le père de Marion fut rapidement arrêté et déporté vers un camp dans le Sud de la France.

L’étau se resserrant sur la petite fille et sa maman, cette dernière réussit, avec l’aide d’organisations de la résistance et de l’église catholique, à cacher Marion. Après différentes caches pas trop sûres, Marion finit par aboutir dans un couvent à Auderghem.

Ce couvent hébergea des douzaines d’autres enfants juifs et tous furent baptisés pour faire croire qu’il s’agissait d’orphelins ou d’enfants abandonnés. Fin 1942, le couvent fut prévenu de l’imminence d’une rafle de la gestapo et les enfants furent dispersés.

C’est ainsi que Marion aboutit chez un couple de fermiers dans le village de St Job chez Jules et Jeanne HARCHOUTS. Ceux-ci abritèrent aussi sous leur toit une autre fillette juive, Francine. Le seul fils des HARCHOUTS, Jean, avait été arrêté quelques mois auparavant par les allemands et envoyé dans un camp de travail en Allemagne.

Les deux filles vécurent durant deux longues années, cachées au grenier jusqu’à la libération en septembre 1944. Marion retrouva sa mère,  tandis que Francine, qui avait perdu toute sa famille à Auschwitz, émigra avec sa tante en Palestine.

Marion resta de longues années en contact avec ses sauveurs. Elle vit actuellement au Canada et n’a, malheureusement, pu se déplacer.

C’est pour avoir hébergé et tendu une main secourable à deux fillettes juives en détresse, en les sauvant de la déportation et d’une mort certaine, que l’Institut YAD VASHEM a décidé de conférer le titre honorifique de JUSTES PARMI LES NATIONS, à titre posthume, à Jules et Jeanne HARCHOUTS.

 

Max et Henriette HAUPTMANN

Gisèle FEIERTAG est née en 1940 à Etterbeek et habitait à Bruxelles avec ses parents.

Au début de la guerre, ceux-ci décidèrent de placer leur fillette chez Max et Henriette HAUPTMANN, à Sainte-Marie sur Semois, afin de la soustraire à l’envahisseur.

Henriette HAUPTMANN était handicapée et circulait dans un fauteuil roulant. N’ayant pas eu d’enfant et malgré son handicap, elle accepta de cacher 5 enfants juifs chez elle. C’est la gouvernante, Melle Suzanne HARDY, qui s’occupait de tout.

De temps en temps, Madame FEIERTAG venait en vélo visiter sa fille, elles allaient cueillir des champignons et se baigner dans la Semois.

Après la guerre, Gisèle retrouva ses parents et resta en contact avec sa famille d’accueil, sa famille de cœur grâce à laquelle elle a survécu.

C’est pour avoir bravé les lois de l’occupant, au péril de leur propre vie, en cachant des enfants juifs persécutés, que l’Institut YAD VASHEM a décidé d’octroyer le titre honorifique de JUSTES PARMI LES NATIONS, à titre posthume, à Max et Henriette HAUPTMANN.

 

Franciscus en Marie-Sophie KURSTEN en hun dochter Wiske

In 1942 kreeg de familie KOPEL een convocatie van de Duitsers maar zij gaf hier geen gevolg aan en dook onder. Al hun verwanten die zich gemeld hadden werden gedeporteerd en zijn nooit teruggekomen.

Hélène en Moritz KOPEL vonden een onderkomen in Zaventem. Moritz had een lederbedrijf en één van zijn bedienden was Wiske KURSTEN. Deze laatste stelde voor om de kleine Mark KOPEL, toen 3 jaar oud, in het huis van haar ouders, landbouwers in Buggenhout, in veiligheid te brengen.

Toen er gevaar dreigde, moest Mark zich doodstil op de zolder verstoppen.

Mark herinnert zich :

“Deze familie heeft mij met open armen opgevangen ondanks dat ze bewust was van het levensgevaarlijke risico dat hieraan verbonden was. Elke avond werd ook ons er voor onze ouders gebeden. Ik heb mijn leven te danken aan Franciscus, Marie-Sophie en Wiske KURSTEN.”

Twee jaar geleden ondernamen Wiske stappen bij het YAD VASHEM Istituut om Mark KOPEL terug te vinden. Via een advertentie in de krant “LE LIEN” kon Mark, die in 1949 naar Israël was geïmmigreerd, contact opnemem met Wiske, die vandaag 84 jaar oud is.

Jammer genoeg kan Mark KOPEL vandaag hier niet aanwezig zijn.

Om een joods kind onderdak te hebben verleend en hem aldus aan de deportatie en aan zekere dood te hebben onttrokken, besliste het YAD VASHEM Instituut de titel van “Rechvaardigen der Volkeren” posthuum toe te kennen aan Franciscus en Marie-Sophie KURSTEN en hun dochter Wiske, hier aanwezig.

 

Luc et Valérie MARCHAL

En tant qu’autrichiens d’origine juive, mais vivant en Belgique, Wilhem et Gerda LAUNER ont dû fuir le régime nazi dès 1938.

Leur fille, Eva, naquit à Uccle le 28 avril 1942. Le bébé fut placé chez une dame mais dut être retiré pour cause de dénonciation.

Jules FOCANT, le bourgmestre de Dorinne demanda à Valérie MARCHAL d’accueillir en toute urgence une fillette juive. Consciente des risques qu’elle-même et ses proches peuvent encourir, elle donna spontanément son accord sans même prendre l’avis de son mari, qui désigné par les allemands pour le travail forcé en Allemagne et ayant refusé de s’y soumettre, vivait depuis plusieurs mois dans la clandestinité et l’illégalité.

Eva porta le nom de Monique Simon et désormais, Valérie MARCHAL, l’élèva avec sa fille de 4 ans, Adelina, sans aucune distinction. Elle avertit son mari qui ouvra de loin son cœur à sa deuxième fille, qu’il eut hâte de connaître. Ensuite il s’occupa beaucoup d’elle.

Eva apprit à parler et fit ses premiers pas chez les MARCHAL. Ses parents réussirent à se faire engager comme serviteurs au Château de Dorinne, proche de la maison des MARCHAL et ainsi de temps à autre ils visitèrent leur fille la nuit.

Fin 1944, ils furent heureux de retrouver leur fillette et restèrent plusieurs semaines chez les MARCHAL le temps de trouver un appartement et un travail à Bruxelles. Luc MARCHAL décéda en 1946 et n’eut pas la joie de revoir Eva qui était partie vivre avec ses parents en Uruguay.

A présent elle vit à Berne, en Suisse et vient de temps en temps chez ses sauveurs avec qui elle a gardé d’excellents contacts

C’est pour avoir hébergé, caché et nourri une fillette juive persécutée, que l’Institut YAD VASHEM a décidé d’octroyer le titre honorifique de JUSTES PARMI LES NATIONS, à titre posthume, à Luc et Valérie MARCHAL.

 

Jeanne PERIPHANOS

En 1942, Rachel LIWSZYC était une adolescente de 14 ans, passionnée par la danse classique dont elle suivait des cours avec assiduité. Son professeur était Jeanne PERIPHANOS.

Jeanne avait la trentaine et vivait avec ses parents à Schaerbeek dans une maison dont le rez-de-chaussée était consacré aux cours de danse.

Lorsque les juifs furent obligés d’entrer dans la clandestinité, Rachel put trouver refuge auprès de Jeanne PERIPHANOS, qui l’abrita pendant plusieurs mois.

Une rafle de la gestapo qui se déroula dans la rue Rubens s’arrêta miraculeusement à la maison voisine des PERIPHANOS. Il était donc urgent de trouver un lieu plus sûr pour Rachel. Et c’est encore via Jeanne qu’elle put trouver refuge dans une institution catholique, les Sœurs de Marie à Uccle.

Malheureusement, Rachel est décédée en 1998 et Jeanne PERIPHANOS en 2006. Elles gardèrent des liens très étroits jusqu’à la fin de leurs vies.

C’est la fille de Rachel, Mme Odile REMY qui a entrepris la démarche d’honorer la sauveuse de sa mère. Jeanne ne voulant recevoir aucun titre ou décoration de son vivant.

 C’est pour avoir, au péril de sa propre vie, tendu une main secourable à une adolescente juive persécutée, que l’Institut YAD VASHEM a décidé d’octroyer le titre honorifique de JUSTE PARMI LES NATIONS, à titre posthume, à Jeanne PERIPHANOS.

  

Henricus and Geertruida ROOZE

Sylvie REICHMAN was born in Antwerp on November 1, 1939, and was almost three years old when she was taken by her parents, Benjamin and Itta REICHMAN, to the house of her grandmother, Deborah GRUNSPAN, for safety in September of 1942. Her parents were deported a few days later.

Her grandmother took her to her first hiding place in Boechout in the family Juliana and Klaas SCHUYTEN-SLUYS (already recognized in the past as Righteous among the Nations) where she remained for about 8 months.

One day Julia was warned by her sister that people  knew she was still hiding a Jewish child, and the Germans were coming to take her away that evening. She immediately contacted Antoine ROOZE, a close family friend, whose cousin and his wife were hiding Jews and had room for her. Antoine took her to the ROOZES on May 11, 1943.

Henricus Jan ROOZE, an engineer and his wife Geertruida, lived in a small house in a district of Leuven named Korbeek-Loo with their four children. They were hiding seven other Jewish people (four adults and three children) during the time she was with them. During her entire two years with the ROOZES, she received the same love, caring and kindness that they gave to their own children. She was considered as member of the family. The ROOZES made her promise not to tell anyone her real name, and to say that she was their niece, staying with them until June, 1945.

In her testimony, Sylvie wrote :

“And I learned to live in fear. From time to time we would have what M. ROOZE called “drills”. We were supposed to race out of bed as quickly as possible and gather downstairs at the foot of the stairs. One night the drill was the real thing. M. ROOZE appeared in the middle of the night at the bedroom door and yelled “this is it !”(There was a heavy bombardement). We raced downstairs. I was certain at that moment that we would be discovered and that I would die. Of course I survived the war. I was blessed by having been saved by the ROOZES, even though I lost my mother, my father, my grandfather and twenty-two uncles and cousins to the gas chambers of Auschwitz”.

Today, Sylvie came specially from the US to honour the memory of her savers.

For having sheltered Jewish people and saving them from deportation by risking their own life, the YAD VASHEM Institute decided to award, posthumously, the title of Righteous among the Nations to Henricus en Geertruida ROOZE.

 

François et Yvonne SALOMON

Denise MOSZCOWICZ est née en 1940 et habitait avec ses parents à St Gilles.

Lors des premières rafles, il fallut trouver un endroit pour se cacher, d’autant plus que les MOSZKOWICZ n’avaient pas d’argent, pas de papiers en règle et trouver de la nourriture pour un bébé, le faire manger et dormir à des heures régulières, était particulièrement difficile.

Monsieur MOSZKOWICZ se rendit chez son coiffeur et lui demanda s’il connaissait quelqu’un qui pourrait prendre son bébé en charge.

Le soir même le coiffeur en parla à sa femme qui lui répondit « pourquoi n’as-tu pas pris cette petite fille tout de suite, demain il sera peut être trop tard ? ».

C’est ainsi que Denise fut confiée le lendemain matin chez François et Yvonne SALOMON. Ses parents partirent le cœur lourd se cacher en dehors de Bruxelles.

François et Yvonne avait un fils, Raymond, qui faisait de  la résistance et dût se cacher ailleurs. Ils prirent de grands risques en cachant Denise, ni l’ouvrier-coiffeur ni les clients du salon, les dénoncèrent à la gestapo.

Denise reçut les soins et l’affection de ses sauveurs et ils gardèrent contact avec l’enfant après la guerre. Ils décédèrent dans les années 1960.

C’est pour avoir donné asile et sauvant un bébé juif de la déportation et d’une mort certaine, que l’Institut YAD VASHEM a décidé d’octroyer le titre honorifique de JUSTES PARMI LES NATIONS, à titre posthume, à François et Yvonne SALOMON.

 

Gaston en Maria VEYS

Gommaire en Augusta DEWEER

 John BUCKEL werd in 1935 geboren in Berlijn, waar hij met zijn grootouders verbleef. In 1939 kwan hij bij zijn ouders in Antwerpen wonen.

Toen in 1942 de dreiging van de razzia’s naderde, verliet het gezin Antwerpen en dook onder op een zolder in een gebouw in Brussel. Daar de plek voor de kleine jongen ongezond was, wendden zijn ouders zich tot de concierge van het gebouw, Augusta DEWEER, die zonder enige aarzeling de jongen bij haar thuis onderbracht.

Augusta en Gommaire DEWEER woonden in de Zephyrstraat in St Lambrechts Woluwe en hadden geen kinderen. Zij lieten John dopen en deze werd onder de valse identiteit van Jean Lucien DEWEER als lid van de familie voorgesteld. Toen de aanwezigheid van John in de buurt, waar een collaborateur bijzonder actief was, argwaan begon te wekken, werd beslist om de jongen naar een veiliger plek over te plaatsen.

Zo belandde John bij de zuster van Augusta, Maria VEYS en haar echtgennot Gaston, die een hoeve in Petegem exploiteerden. Deze behandelden John als een volwaardig familielid en boden de jongen liefde en genegenheid.

Toen er opnieuw gevaar dreigde, werd John in 1944 opnieuw naar veiliger oorden ondergebracht in Roeselare bij de familie WYBO, reeds als Rechtvaardigen der Volkeren erkend.

John BUCKEL, die vandaag in de Verenigde Staten woont, kon hier vandaag niet aanwezig zijn. Hij stuurde ons een text, waarvan ik U hier een uittreksel voorlees:

“Toen jammer genoeg vele mensen hun moreel kompas verloren door met de Duitse bezetter samen te werken waren er die paar mensen die voelden dat het hun plicht was om te doen wat hun hart hun ingaf. De holocaust zou altijd een zwarte plek in elk nationaal geheugen moeten blijven, gelukkig waren er deze moedige mensen die wij hier vandaag eren. In het midden van het meest verdorven voorbeeld van menselijk gedrag heb ik van het beste dat het menselijke ziel kan aanbieden kunnen profiteren.

Als resultaat van de moed en de vriendelijkheid van de familie DEWEER-PENNINCK en VEYS-PENNINCK, vertegenwoordigd hier vandaag door hun nicht Lucienne, kon ik overleven om een prachtige familie op te bouwen en een productief leven met mijn geliefde vrouw Elizabeth leiden. Ik geloof dat er geen aangewezen woorden zijn, om mijn dank hiervoor uit te drukken.”

Om een joods kind onderdak te hebben verleend, waardoor deze aan een gewisse dood ontsnappen kon, besliste het YAD VASHEM Instituut, de eretitel van Rechtvaardigen der Volkeren postuum toe te kennen aan Gaston en Maria VEYS en Gommaire en Augusta DEWEER.

 

Edgard et Augusta WIAME

Dès le début des persécutions nazies, la famille IZBICKI se cacha chez un couple âgé à Marchienne-au-Pont, seul le père était absent, parti au mur de l’Atlantique.

Entretemps, Madame IZBICKI demanda secours à Augusta WIAME, qui tint un magasin de cadeaux à Gilly et dont elle était cliente.

De retour en Belgique, Monsieur IZBICKI apprit que sa femme avait trouvé refuge chez Edgard et Augusta WIAME depuis 1942, un couple qui avait cinq enfants. Ses deux filles, Frida et Esther, de 12 et 9 ans, étaient cachées au Pensionnat des Sœurs de la Providence.

Edgard WIAME était un résistant, il aida des prisonniers russes à échapper des mines où ils étaient enfermés par les allemands. Léon CHERC, un cousin des IZBICKI trouva également refuge chez les parents d’Egard WIAME.

Il raconte :

 «  J’avais entre 3 et 4 ans. Mon père ayant été déporté, je suis resté seul avec ma mère. Nous avons été hébergés chez Mr et Mme WIAME, je me vois encore dans les bras de Monsieur WIAME qui nous conduisit ma mère et moi dans un autre endroit pour nous cacher. A plusieurs reprises il nous a trouvé des endroits pour nous cacher. Grâce à l’attention que ces gens courageux nous ont porté, nous avons eu la chance d’échapper aux poursuites nazies et ainsi d’avoir eu la vie sauve ».

C’est pour avoir au péril de leur propre vie, tendu une main secourable à plusieurs personnes juives, que l’Institut YAD VASHEM a décidé d’octroyer le titre honorifique de JUSTES PARMI LES NATIONS, à titre posthume, à Edgard et Augusta WIAME.


La cérémonie du 15 mars 2007 à l’Ambassade d’Israël à Bruxelles


(cliquer pour agrandir)

S.E.M. l’ambassadeur d’Israël Jehudi KINAR a honoré au nom de l’Etat d’Israël et de l’Institut YAD VASHEM à Jérusalem, quatre Justes parmi les Nations, à titre posthume.

 

Une cinquantaine de personnes invitées, représentaient les familles des sauveurs et des sauvés.

 

Madame la Présidente d’Honneur de l’Association l’Enfant Caché,

Mesdames, Messieurs,

 

En 1953, la KNESSET, le Parlement Israélien, promulgua la Loi sur La Commémoration Des Martyrs Et Héros De L'Holocauste. C'est dans le cadre de cette Loi, que l'Institut

YAD VASHEM fut créé, dont l'un des objectifs est de rendre hommage aux JUSTES PARMI LES NATIONS.

 

Ces citoyens des pays européens, qui, sous l'occupation nazie, au péril de leur vie, se sont portés au secours de Juifs en détresse, conscients du risque qu'ils couraient et sans exiger quelque compensation ou récompense que ce soit.

 

Seuls quelques justes non-juifs, qu’Israël reconnaît à travers l’Institut YAD VASHEM, comme « JUSTES PARMI LES NATIONS » défièrent les lois barbares de l’occupant nazi. Prenant un risque personnel important, souvent armés de leur seule moralité, ces âmes courageuses ont contribué à sauver des vies juives alors que la grande majorité resta indifférente aux atrocités.

 

Ayant été moi-même un « enfant caché », qui a survécu la deuxième guerre mondiale aux Pays-Bas, ce genre de cérémonie suscite en moi de vives émotions. En parcourant les témoignages des sauveurs que nous honorons aujourd’hui, je me suis retrouvé plongé dans mon propre passé et en évoquant ici, aujourd’hui, les circonstances dans lesquelles les sauvés ont pu échapper à une mort certaine, c’est mon propre passé qui resurgit.

 

C’est important, non seulement pour nous en tant que juifs, ou pour la communauté en général, mais aussi pour les enfants de ces héros, car leurs parents, refusèrent très souvent toute forme de gratitude et les enfants n’étaient et ne sont pas conscients des actes héroïques de leurs parents.

 

En présentant les marques de reconnaissance aux “ JUSTES PARMI LES NATIONS ”, je remplis, en ma qualité de représentant de l’Etat d’Israël, la délicate mission qui m’a été confiée : exprimer, au nom du peuple juif tout entier, notre immense gratitude aux “ JUSTES ” qui ont agi selon leur conscience, motivés par leur profond sens du civisme

et d’humanisme.

 

PRIMO LEVI avait écrit "UN PEUPLE QUI N'A PAS DE MEMOIRE N'A PAS D'AVENIR".

 

L'Holocauste, la Shoah, fait partie de notre biographie personnelle. C'est notre histoire nationale, écrite en sang et en larmes.

 

L'Etat d'Israël et le peuple juif tout entier expriment aujourd'hui leurs sentiments de profonde gratitude à quatre Justes, qui ont témoigné d'un engagement humanitaire total et ont agi avec courage et détermination, aux heures sombres du nazisme.

 

Leurs noms viendront s'ajouter aux 1500 noms déjà gravés sur le Mur des Justes belges au YAD VASHEM et leurs actes méritoires seront à jamais incrustés dans la pierre de Jérusalem.

Merci

 

François et Louise DE TROYER

José PRZEDBORSKI naquit à Jette en 1935. Il vécut avec ses parents et sa sœur dans l’insouciance jusqu’en mai 1940 où tout bascula.

Dans un train bondé, il voyagea plus d’une semaine avec sa famille pour arriver à Launaguet, un village dans le midi de la France. Dès leur arrivée, Binem, le père de José, fut arrêté et interné au camp de Saint-Cyprien. Deux mois plus tard, la famille fut obligée de quitter son lieu d’hébergement et elle rentra en Belgique occupée.

Binem étant maroquinier, ils purent survivre au quotidien jusqu’à l’été 1942. Puis vint l’obligation de porter l’étoile jaune, et le petit José éprouva un sentiment de fierté, il se voyait décoré comme un officier supérieur. Très vite, Chana Sura, sa mère, lui ôta cette étoile trop dangereuse !

José et sa sœur furent placés dans une maison d’accueil pour enfants à la Hulpe. Peu après, dans les Ardennes et puis à Heverlee.

Ensuite, José fut placé durant un an à Jette, chez François et Louise DE TROYER et pour la première fois, il se sentit chez lui. Il appela ses bienfaiteurs parrain et marraine et la maman de Louise, Bobonne. C’était la première fois qu’un enfant entrait dans la vie de ce couple aisé. José fut entouré d’amour et fort gâté.

A la libération il retrouva ses parents.  José garda  des contacts avec ses sauveurs jusqu’à leur disparition.

C’est pour avoir caché, nourri et prodigué tout leur amour à un enfant juif, au péril de leur propre vie, que l’Institut YAD VASHEM a décidé d’octroyer, à titre posthume, la distinction honorifique de « Justes parmi les Nations », à François et Louise DE TROYER.

 

 

Paul et Lena PIROTTE

Max ILAND  naquit à Liège en octobre 1932. Ces parents Avram et Itka émigrèrent de Pologne pour s’installer à Seraing où un petit Carol les rejoignit en 1938. Le couple ILAND avait une épicerie, tenue par Itka, qui fournissait la communauté juive en aliment. Avram était colporteur en vêtements dans les campagnes environnantes.

Paul PIROTTE, un petit cultivateur, venait régulièrement livrer les produits de la ferme dans l’épicerie.  Un été, Max alla en vacances chez les PIROTTE. Personne ne lui annonça la déportation de son frère et de sa mère, néanmoins, il comprit que quelque chose avait changé mais n’en parla à personne.

Paul et Lena PIROTTE le traitèrent comme un enfant qu’il n’avait pas eu. Max put continuer ses études pendant deux ans et finit la sixième année élémentaire. Vu l’impossibilité de l'inscrire à l'athénée, il resta à la maison pour aider aux travaux de la ferme.

Les gens du village le considérèrent comme un des leurs. Il n'y eu jamais aucune allusion à son identité bien que pour chacun, ceci devait être évident : les PIROTTE n'avaient pas d'enfant et tout a coup un jeune garçon de 10 ans apparaissait au milieu d'une guerre ou les juifs étaient pourchassés.

Max resta chez ses sauveurs jusqu’à l'été 1945. Après la libération, Avram ILAND vint reprendre son fils et retourna à Seraing sur Meuse. Sa mère et son frère ne revinrent  jamais des camps.

 

Max est venu spécialement du Canada  pour honorer ses sauveurs.

C’est pour avoir au péril de leur propre vie, hébergé, caché et nourri un garçon juif persécuté par les nazis en le sauvant de la déportation et d’une mort certaine, que l’Institut YAD VASHEM a décidé d’octroyer la distinction de « Justes parmi les Nations », à titre posthume, à Paul et Lena PIROT


Archives de la rubrique Cérémonies

Dans la rubrique Archives :

 

La cérémonie du 1 juin 2003 à Charleroi

La cérémonie du 30 septembre 2003 à Liège

La cérémonie du 9 décembre 2003 à Malines

La cérémonie du 24 novembre 2004 à l'ambassade d'Israël à Bruxelles

La cérémonie du 12 juillet 2004 à Namur

La cérémonie du 12 mai 2004 à l'ambassade d'Israël à Bruxelles

La cérémonie du 28 juin 2005 à l’ambassade d’Israël à Bruxelles

La cérémonie du 7 décembre 2005

La cérémonie du 16 mai 2006 à l’ambassade d’Israël à Bruxelles

La cérémonie du 14 novembre 2006 à l’ambassade d’Israël à Bruxelles

 

 


Aperçu avant impression  
 Voir également:

 Historique actualités et liens

 Représentant de Yad Vashem

 Les Justes parmi les Nations

 Commémoration de la libération d'Auschwitz

 Autour du nouveau musée

 Conférences

 Yom ha Shoah

 Les Noms

 Mémoire

 :

 Cérémonies - 1/22/2004 2:24:20 PM