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KEFISRAEL: Le blog de Rachel Samoul

Rosh Hashana 5771 - Nouvel an juif 5771
Voeux du président de l'Etat d'Israël, M. Shimon Peres

Calendrier des fêtes juives
2010 - 2011

Lundi 13 septembre ‏2010 à Yad Vashem
Symposium dans l’amphithéâtre de l’École Internationale d’Études sur la Shoah "Liège – une cité si ardente"… Les Juifs de Liège sous l’Occupation (1940-1944) - de Thierry Rozenblum

Dimanche 3 octobre 2010 au Centre Culturel d’Uccle à 16h00
Sous le haut patronage de l’Ambassade d’Israël en Belgique - l’UEJB présente : Opération Entebbe, l’héroïsme de Tsahal

     
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  Communiqués - Articles - Discours: Discours
Brussels - Speeches

Un ancien commandant de l’armée britannique défend le comportement de Tsahal à Gaza

16 octobre 2009

Merci, Monsieur le Président.
Je suis l’ancien commandant des Forces Britanniques en Afghanistan. J'ai servi dans les forces de l’OTAN et des Nations Unies, exercé des commandements militaires en Irlande du Nord, en Bosnie et en Macédoine, et pris part à la Guerre du Golfe. J'ai passé un temps considérable en Irak depuis l'invasion de 2003, et j’ai pris part à la lutte antiterroriste internationale pour le compte du Comité conjoint du Renseignement du Gouvernement anglais.


Monsieur le Président,

Sur la base de mes connaissances et de mon expérience, je puis dire ceci : Au cours de l’Opération "Coulée de Plomb", l’armée de défense d’Israël a fait davantage pour la sauvegarde des droits des civils en zone de combat que toute autre armée dans l'histoire des guerres.

Israël l’a fait alors qu’elle affrontait un ennemi qui plaçait délibérément ses forces militaires derrière le bouclier humain de la population civile.

 

Le Hamas, comme le Hezbollah, sont experts dans l’art de dicter aux médias ce qu’ils diront. L’un et l’autre ont toujours des gens prêts à accuser les soldats israéliens de crimes de guerre. Ils excellent à mettre en scène et à déformer des incidents.

L’armée de défense d’Israël est confrontée à un défi auquel les Britanniques n’ont pas à faire face à un tel degré. Il s’agit du préjugé automatique, pavlovien, qu’ont en commun beaucoup de médias du monde entier, ainsi que de nombreuses organisations des droits de l’homme, selon lequel les soldats de l’armée de défense d’Israël ont nécessairement tort et qu’ils violent les droits de l’homme.

 

La vérité est que l’armée de défense d’Israël a mis en œuvre des mesures extraordinaires pour signaler aux civils de Gaza les zones qu’elle prenait pour cibles, en lançant plus de deux millions de tracts et en établissant plus de 100 000 communications téléphoniques. Beaucoup de missions qui auraient pu neutraliser les capacités militaires du Hamas ont été suspendues pour éviter des pertes civiles. Durant le conflit, l’armée de défense d’Israël a permis l’entrée dans Gaza d’énormes quantités d'aide humanitaire. Fournir une aide susceptible de tomber aux mains de votre ennemi est normalement tout à fait impensable pour un expert en stratégie militaire. Pourtant, l’armée de défense d’Israël a pris ce risque.

 

Malgré tout cela, des civils innocents ont été tués. La guerre est chaos et erreurs multiples. Des erreurs ont été commises par les Anglais, les Américains et d’autres armées, en Afghanistan et en Irak ; beaucoup d’entre elles peuvent être imputées au facteur humain. Mais les erreurs ne sont pas des crimes de guerre.

Plus que quoi que ce soit, les pertes civiles ont été la conséquence de la manière de combattre du Hamas. Le Hamas a délibérément tenté de sacrifier ses civils.


Monsieur le Président,

Israël n'avait d'autre choix que de défendre sa population, pour empêcher le Hamas de l’attaquer par des tirs de roquettes.

Et je le dis à nouveau : l’armée de défense d’Israël a fait plus pour la sauvegarde des droits des civils en zone de combat que toute autre armée dans l'histoire des guerres.

Merci, Monsieur le Président.


Discours du Président de l’Etat d’Israël : réouverture de la Knesset

12 octobre 2009

Monsieur le Président de la Knesset,
Monsieur le Premier ministre,
Madame le Chef de l’Opposition,
Chers invités, membres du Parlement,

Soyez les bienvenus et  en paix au sein de ce Parlement !

 

Monsieur le Président, je vous remercie de m’avoir invité à ouvrir cette session parlementaire.
Que ce discours tapisse les murs de cette maison.

 

Chers membres de la Knesset,
Cette session s’ouvre avec l’espoir d’une bonne année pour tout Israël, en prière pour la paix à Jérusalem, des espoirs de libération de Gilad Shalit et l’éloge de la nomination récente d’Ada Yonath au Prix Nobel.


Cette session aura à prendre des décisions importantes, même si nous pouvons dire qu’elle s’ouvre à un moment où les choses se sont considérablement améliorées pour Israël ces dernières années.


Ainsi, Israël est parmi les premiers pays à se ressaisir, et éviter ainsi une récession profonde au vu de la crise économique profonde qui a frappé le monde entier récemment.
Les leaders économiques ont agi avec prudence. Heureusement, Israël se démène grâce au talent de tous ses citoyens.


Et il semble que notre économie reprenne avec une croissance renouvelée.
Sans se vanter, on peut dire que notre pays, sur son petit territoire, a hérité de quelque chose d’immense – les capacités de son peuple.


La population israélienne représente un millième de celle du reste du monde. Son PIB représente 3 millièmes du PIB mondial.
Néanmoins, la route est encore longue et ardue devant nous.
Membres de cette Knesset, nous devrons affronter deux défis majeurs dans le futur : la sécurité et l’éducation.

 

Concernant la sécurité, à mon avis, la construction d’Israël ne sera pas achevée tant que le processus de paix n’aura pas totalement abouti.
Je suis conscient des arguments avancés par ceux qui considèrent qu’il nous manque un interlocuteur arabe. Effectivement, nous n’avons aucun partenaire pour établir une paix émotionnelle. La paix dont nous disposons et celle à venir, ne sera pas romantique. Elle ne proviendra pas de l’amour. Elle viendra par nécessité.

 

Nous préférons une telle paix à un processus interminable sans perspective visible. Suffit avec le processus, le temps est venu de parvenir à des conclusions définitives.

Nous célébrons dans quelques jours la commémoration des 15 ans du traité de paix avec la Jordanie et le mois prochain marquera 32 ans depuis la visite historique du Président égyptien Anwar El Sadate en Israël.


Je sais que la paix avec l’Egypte et la Jordanie n’est pas basée sur l’amour. On ne tombe pas dans des bras amicaux. Et nous subissons même l’incitation à la haine contre nous.

Nous n’avons pas souhaité une telle paix, mais nous devons nous contenter de ce qui est. Et ce qui existe n’est pas si différent des autres pays de la planète, qui éprouvent si peu de sympathie pour leurs voisins.

 

Depuis 30 ans en Egypte et environ 15 ans en Jordanie, nous n’avons connu aucune guerre sur ces frontières. Le combat a cessé. Tsahal peut se concentrer sur d’autres objectifs. Et plus important, plus de guerres pour emporter nos enfants : pas d’encadrés noirs dans les journaux, plus de larmes.

 

Chers collègues, c’est cela la paix. Nous pouvons désirer davantage mais c’est la meilleure alternative à l’effusion de sang.

Nous avons sauvé des générations d’Israéliens, d’Egyptiens et de Jordaniens ; les autres pays arabes ont également du déposer leurs épées afin d’éviter toute souffrance.

Dans notre situation actuelle, nous devons choisir entre deux options.

Etre seuls, isolés et seuls responsables pour tous les territoires tout en étant confrontés à l’hostilité des Palestiniens et des Etats arabes, suscitant ainsi la critique de la part des autres pays. Ce qui risque d’aboutir de facto à un Etat avec 2 nations.

 

Ou bien, nous continuerons à négocier avec l’Autorité Palestinienne jusqu’à ce que nous trouvions une solution acceptable.

Je déclare au gouvernement ainsi qu’au Parlement, ici et maintenant : ne ralentissez pas les négociations, recherchez chaque brèche, tentez toute option afin de mettre un terme à plus de 100 ans de querelles et d’effusion de sang. Je suis certain que le peuple sera derrière vous.

Sans négociations, le Hamas sera renforcé et prendra Palestiniens, Jordaniens et Egyptiens en otage minant leur situation et poursuivant la destruction de tout espoir de paix dans notre région.

Nous avons le choix entre moins de guerre ou moins de paix. Evidemment, nous préférons la paix. D’autant plus que l’écart entre les positions palestiniennes et israéliennes s’amenuise, à la fois grâce au discours du Premier ministre à Bar Ilan et en raison des améliorations que connaissent les territoires.

 

Chers Membres de la Knesset,
Le meilleur remède à nos maux repose sur l’explication. Nous croyons que si nous expliquons la situation, les solutions pleuvront soudain et nous en aurons besoin. Nous ne gagnerons pas seulement avec des explications. Nous gagnerons par nos actions.
A mon avis, si nous avançons vers la paix et faisons la paix avec les Palestiniens et si nous entamons des négociations avec la Syrie et le Liban, nous éviterons le prétexte à la folie iranienne envers nous comme envers les autres habitants de la région.

La majorité en Israël accepte déjà l’idée d’une solution à deux Etats. Nous ne pouvons nous y soustraire et il n’existe aucune solution alternative.

 

Je vous lance un appel, Monsieur le Premier ministre, et presse les membres du Parlement afin qu’en dépit de l’hésitation des Palestiniens, vous laissiez tomber le rêve israélien. Appelez l’Autorité palestinienne à établir un Etat à nos côtés qui ne nous menace pas. Ainsi ni nous ni les Palestiniens n’auront à vivre sous l’emprise du Hamas.

Nous devons saisir cette opportunité et revenir à ce qui s’est produit ces 16 dernières années durant lesquelles incitations à la haine, violences, rejet et antisémitisme ont comblé le vide.

Nous souhaitons que la contribution à la paix soit symétrique entre nous et les Arabes. Mais la situation ne l’est pas. Nous devons abandonner du territoire et les Palestiniens doivent cesser toute forme de terrorisme. Si le processus n’est pas symétrique au départ, il le deviendra et offrira une symétrie à chacune des parties qui leur garantira la paix.

 

Les Palestiniens parviendront à l’indépendance sans menace pour Israël qui y gagnera et un niveau de sécurité qui ne dépendra ni de l’humeur ni des relations normales avec le monde arabe.

Le Hamas s’est frotté les mains. Le rapport de la Commission Goldstone insuffle un vent propice à la recherche de « criminels de guerre » telle que prônée par ses défenseurs, qui ignorent le crime réel et permanent : le crime du terrorisme provoqué par l’agresseur.

Sur les 26 recommandations de cette Commission, aucune ne propose de lutter contre le terrorisme.

 

Le rapport de la Commission Goldstone stipule le droit des Palestiniens à une « résistance forte basée sur le droit à l’auto-détermination ». Que signifie une résistance forte ? Tirer sur des civils ?

Un rapport unilatéral ne déterminera pas notre sort.

Nous sommes fiers de Tsahal. Nous sommes fiers de ses commandants et de ses soldats. Tsahal protège le droit historique de notre Etat, un Etat que plus d’un a tenté d’annihiler. Si la Suède ne peut empêcher le terrorisme, Tsahal le peut.

Pour conclure, ne cessons pas de travailler en vue de la poursuite des négociations avec l’Autorité palestinienne, avec l’aide des Etats-Unis pour parvenir à une paix possible.

 

Chers Membres de la Knesset,
L’éducation est notre autre défi. Et il n’en est pas moins important que de parvenir à la paix et à la sécurité.

Nous ne disposons d’aucun autre capital que le capital humain. On n’hérite pas de ce type de capital car il ne peut être transmis que par le patrimoine de nos enfants. Seule une diffusion équitable de ce capital pourra produire justice et équité pour tous les citoyens israéliens. Assurer  gratuitement l’éducation primaire et secondaire à la jeunesse israélienne garantit le meilleur avenir à ce pays.

 

Israël ne peut accepter le déclin actuel en matière d’apprentissage. De même nous ne pouvons  accepter la hausse de l’ignorance. La violence parmi les jeunes dans notre pays constitue une épidémie contre laquelle nous devons nous élever.

Les écoles sont le creuset d’Israël. Elles constituent la fondation séculaire et religieuse partagée par riches ou pauvres, Sépharades ou Ashkénazes, Juifs comme Musulmans, Druzes, Chrétiens ou Circassiens résidant dans notre pays.

 

Ce brassage ne doit pas être foulé sous nos propres pieds, comme quand l’éducation gouvernementale devient privée et indépendante. Il n’existe aucune contradiction fondamentale entre science et religion. Maïmonide a déjà prouvé que combiner les lois de la Halakha et le savoir scientifique produit un résultat puissant et tout simplement génial.

Nous ne pouvons accepter la fuite des cerveaux hors de notre pays et devons tout faire pour garantir leur retour en Israël.

J’apprécie les efforts du ministère de l’Education pour traiter sérieusement ces défis. Avec votre permission, je me permets d’y contribuer par quelques idées et autres défis parce que les intentions ne suffisent pas à améliorer l’éducation.

Je suggère que la plus grosse part de revenus provenant de la récente croissance économique, des découvertes de ressources naturelles tel le gaz, soient redistribuées vers l’éducation et les sciences.
 
Je pense qu’il est temps de répandre le savoir scientifique à travers tout le pays, qu’il s’agisse de fabrication ou de service public, d’agriculture ou d’industrie et notamment de réseau sécuritaire pour permettre à ces secteurs d’élever le niveau de l’école élémentaire comme de l’université. Les hautes technologies peuvent être appliquées à l’ensemble de ces domaines.
L’Armée de Défense d’Israël est passée d’une armée de soldats à une armée intelligente. C’est pourquoi nous nous devons, selon moi, de garantir un niveau d’instruction à tous les soldats de Tsahal.

 

Augmenter le niveau d’instruction académique de Tsahal relèvera le niveau scientifique général en Israël. Ce procédé a déjà produit ses effets dans les technologies de pointe : initiées par la Défense, elles se sont étendues à travers le pays.
Israël peut et se doit d’être le premier au monde à disposer d’une armée qui s’entraîne et étudie simultanément.

 

Et à l’armée aujourd’hui, les soldats apprennent déjà à travailler, manager, contrôler et défendre le pays comme tout citoyen en uniforme. Il ou elle peut également apprendre et préparer le pays à son nouvel avenir.


Il est de notre devoir de créer un nouveau modèle d’armée, prête à combattre et possédant des capacités intellectuelles qui se répendront dans les camps et les écoles du pays.
Tsahal existe aujourd’hui pour faire le lien entre l’entraînement militaire et le campus universitaire. Et Israël dispose de l’aide financière nécessaire ainsi que des ressources intellectuelles.

Les universités peuvent et se doivent d’agir en partenaires en vue de ce changement. Elles développeront de nouvelles opportunités en favorisant la recherche et le développement, en marge de l’enseignement et de l’éducation.

 

C’est pourquoi je suggère qu’aux dons privés soient organisés des dons en provenance du peuple juif vers Israël en faveur de la recherche et du développement de ses universités et de ses instituts de recherche.

 

Le potentiel scientifique d’Israël n’a pas de prix. Sa science et sa technologie doivent représenter la part principale de la construction d’avenir de l’Etat d’Israël. Un Etat ne croît pas, c’est sa sagesse qui s’accroît.

 

Ce qui signifie qu’un Etat disposant de peu de territoire est capable de disposer de beaucoup de savoir scientifique. Et à ce jour, Israël a énormément entrepris dans la bonne direction. Dans les 5 domaines industriels innovants – l’énergie, l’eau, la biotechnologie, l’enseignement et la sécurité intérieure : Israël compte déjà parmi les leaders.

Pour prendre l’exemple d’une de ces industries susceptible de prendre un essor dans le futur, regardons comment évolue la recherche des cellules souches. J’imagine que je vais vous faire sourire si je vous dis qu’aujourd’hui le monde est en quête de techniques de fabrication pour le remplacement de cellules organiques ou cérébrales.

Israël occupe aujourd’hui une position respectable dans la recherche en question. Second après les Etats-Unis, aux côtés de la Grande Bretagne. Et parmi les 20 articles scientifiques les plus primés de l’an passé, 10 venaient d’Israël.

 

La science est la puissance dominante. Elle offre des solutions qui minimisent nos rêves. Les réalisations scientifiques dépassent l’imagination. Et qui mieux que les Israéliens sait faire aboutir un rêve, comme l’a prédit Herzl ! A travers le monde entier, nous sommes réputés comme des rêveurs qui font aboutir leurs rêves.

Enfin, investir dans l’éducation et les efforts de paix -si toutefois nous réussissons dans ces 2 missions- permettra à notre pays de produire énormément à partir de pas grand-chose et de devenir selon la vision de David Ben Gourion « une lumière pour les autres Nations ».

Tournons nos visages vers le futur et vers notre principale ressource naturelle : la jeune génération.

 

Chers membres de la Knesset,
L’Histoire ressemble à un cheval au galop. Lorsqu’elle s’arrête à la porte de votre maison, il vaut mieux grimper sur la selle, parce que ce cheval galopera aussi bien sans vous. Je souhaite que de cette maison émane de grandes nouvelles. Puissiez-vous avoir une année productive !

 


Version française du discours du Premier ministre, Benyamin Netanyahu, à l’ONU
29 septembre 2009
(cliquer pour agrandir)
Photo: UN Photo/Marco Castro

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs,


Il y a près de 62 ans, l'Organisation des Nations Unies reconnaissait le droit des Juifs - un peuple antique dont l’existence remonte à 3500 ans - à un Etat qui leur soit propre dans leur patrie ancestrale.

 

Je suis ici aujourd'hui en tant que Premier ministre d'Israël, l'Etat juif, et je m'adresse à vous au nom de mon pays et de mon peuple.

L'Organisation des Nations Unies a été créée après le carnage de la Seconde Guerre mondiale et les horreurs de l’Holocauste. Elle a été chargée d’empêcher toute récurrence de ces événements horribles.

 

Rien n'a davantage porté préjudice à cette mission centrale que les attaques systématiques contre la vérité. Hier, le président de l'Iran était à cette même tribune, éructant ses plus récentes divagations antisémites. Juste quelques jours auparavant, il avait à nouveau affirmé que l'Holocauste est un mensonge.

Le mois dernier, je me suis rendu dans une villa d’un faubourg de Berlin, appelé Wannsee. C’est là que, le 20 janvier 1942, après un copieux repas, les hauts dignitaires nazis s’étaient réunis et avaient décidé de la manière d'exterminer le peuple juif. Le procès-verbal détaillé de cette réunion a été préservé par les gouvernements allemands successifs.

Voici une copie de ce procès-verbal, dans lequel les nazis édictaient des instructions précises sur la manière de procéder à l'extermination des Juifs.

[Ce procès-verbal] est-il un mensonge ?

A Berlin, la veille de mon passage à Wannsee, on m'a donné les plans originaux de construction du camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau. Ces plans sont signés par l'adjoint d'Hitler, Heinrich Himmler lui-même. Voici une copie des plans d'Auschwitz-Birkenau, où un million de juifs ont été assassinés.

Est-ce que cela aussi est un mensonge ?

En juin dernier, le Président Obama a visité le camp de concentration de Buchenwald.

Le président Obama a-t-il rendu hommage à un mensonge ?

Et que dire des survivants d'Auschwitz, dont les bras portent encore le numéro tatoué par les nazis ?

Ces tatouages sont-ils un mensonge ?

Un tiers de l’ensemble des Juifs ont péri dans cette conflagration. Presque chaque famille juive en a été affectée, dont la mienne. Les grands-parents de ma femme, deux sœurs et trois frères de son père, ses tantes, ses oncles et ses cousins ont tous été assassinés par les nazis.

Est-ce aussi un mensonge ?


Hier, l'homme qui appelle l'Holocauste un mensonge, a parlé du haut de cette tribune. A ceux qui ont refusé de venir ici, et à ceux qui ont quitté la salle en signe de protestation, j’adresse mes félicitations  Vous avez combattu pour plus de clarté morale et avez fait honneur à votre pays. Mais à ceux qui ont fourni une audience à ce négateur de l’Holocauste je dis, au nom de mon peuple, le peuple juif, et des honnêtes gens d’où qu’ils soient :

N'avez-vous pas honte ? N'avez-vous aucune décence ?

 

Juste six décennies après l'Holocauste, vous donnez une légitimité à un homme qui nie que le meurtre de six millions de Juifs ait eu lieu et qui promet de détruire l'Etat juif.

Quel déshonneur ! Quelle parodie de la Charte des Nations Unies !

Peut-être certains d'entre vous croient-ils que cet homme et son régime odieux ne menacent que les Juifs. Vous vous trompez. L’Histoire nous a montré, à maintes reprises, que ce qui commence par des attaques contre les Juifs se termine finalement par l’engloutissement de beaucoup d'autres.

 

Ce régime iranien est nourri d’un fondamentalisme extrémiste qui a fait irruption sur la scène mondiale il y a trois décennies après être resté en sommeil depuis des siècles. Au cours des trente dernières années, ce fanatisme a balayé la planète avec une violence meurtrière et une indifférence émotionnelle dans le choix de ses victimes.
Il a brutalement massacré musulmans et chrétiens, Juifs et Hindous, et beaucoup d’autres. Bien qu'ils appartiennent à différentes ramifications, les adeptes de cette foi impitoyable veulent ramener l’humanité à l’ère médiévale.

Partout où ils le peuvent, ils imposent une société arriérée, enrégimentée, où les femmes, les minorités, les homosexuels, ou quiconque n'est pas considéré comme un vrai croyant, sont brutalement asservis. La lutte contre ce fanatisme n’oppose pas une foi à une autre, ni une civilisation à une autre. Elle oppose la barbarie à la civilisation, le 9ème siècle au 21ème, ceux qui glorifient la mort à ceux qui respectent la sainteté de la vie.

Le 9ème siècle non civilisé ne peut se mesurer au progrès du 21ème siècle. L'attrait de la liberté, la puissance de la technologie, la portée des moyens de communication gagneront sûrement la partie.

 

En fin de compte, le passé ne peut triompher de l'avenir. Et l'avenir offre à toutes les nations de magnifiques primes d'espoir. Le rythme du progrès connaît une croissance exponentielle. Il nous a fallu des siècles pour passer de l'imprimerie au téléphone, des décennies pour passer de la téléphonie à l'ordinateur personnel, et seulement quelques années pour passer de l'ordinateur personnel à l'Internet. Ce qui semblait impossible il y a quelques années est déjà dépassé, et c’est à peine si nous pouvons imaginer les changements encore à venir. Nous éluciderons le code génétique. Nous guérirons les incurables. Nous prolongerons notre vie. Nous trouverons une alternative bon marché aux combustibles fossiles, et rendrons propre la planète.

 

Je suis fier de ce que mon pays, Israël, soit à la pointe de ces avancées et dans le peloton de tête de l’innovation en sciences et en technologies, dans les domaines de la médecine et de la biologie, de l’agriculture et de l’hydrologie, de l'énergie et de l’environnement. Ces innovations qui concernent le monde entier offrent à l'humanité un avenir radieux de promesses insoupçonnées.

Mais si le fanatisme le plus primitif peut acquérir les armes les plus meurtrières, la marche de l'histoire pourrait s’inverser pour un temps. Et comme ce fut le cas pour la victoire tardive sur les nazis, les forces de progrès et de liberté ne l’emporteront qu’après que l’humanité ait payé un prix exorbitant en victimes, en sang versé, en ruine financière. C'est pourquoi la plus grande menace qui pèse sur le monde d'aujourd'hui est le mariage entre le fanatisme religieux et les armes de destruction massive, et le défi le plus urgent auquel cette organisation [l’ONU] doit faire face est d’empêcher les tyrans de Téhéran de se doter d’armes nucléaires.

 

Les États membres de l'Organisation des Nations Unies sont-ils décidés à relever ce défi ? La communauté internationale s’opposera-t-elle à un despotisme qui terrorise son propre peuple alors qu’il se bat bravement pour la liberté ?

Prendra-t-elle des mesures contre les dictateurs qui ont volé une élection au grand jour et abattu des manifestants iraniens, qui sont morts dans les rues, étouffés par leur propre sang ?

La communauté internationale contrecarrera-t-elle les sponsors et les praticiens du terrorisme les plus pernicieux du monde ?

Et par-dessus tout, la communauté internationale empêchera-t-elle le régime terroriste de l'Iran de développer des armes atomiques, mettant ainsi en danger la paix du monde entier ?

Le peuple iranien s’oppose courageusement à ce régime. Les gens de bonne volonté du monde entier sont à leurs côtés, tout comme les milliers de personnes qui ont manifesté en dehors de cette salle.

L’Organisation des Nations Unies sera-t-elle à leurs côtés ?


Mesdames et Messieurs,

Le verdict n’a pas encore été rendu concernant l'Organisation des Nations Unies, et les signes récents ne sont pas encourageants.

Plutôt que de condamner les terroristes et leurs commanditaires iraniens, certains ici ont condamné leurs victimes. C'est exactement ce qu'a fait un rapport récent de l'ONU sur Gaza, en assimilant, à tort, les terroristes à ceux qu’ils prenaient pour cibles.

Pendant huit longues années, le Hamas a tiré depuis Gaza des milliers de missiles, obus de mortier et roquettes sur des villes israéliennes voisines. Année après année, alors que ces engins étaient délibérément tirés contre nos populations civiles, pas une seule résolution de l'ONU n’a été adoptée pour condamner ces attaques criminelles. Nous n’avons rien entendu - absolument rien – de la part du Conseil des droits de l'homme des Nations unies, une institution mal nommée s’il en fut.

 

En 2005, espérant faire progresser la paix, Israël s’est retiré unilatéralement du moindre pouce du territoire de Gaza. Il a  démantelé 21 implantations et déraciné plus de 8 000 Israéliens.

Nous n'avons pas obtenu la paix. Au contraire, nous avons maintenant une base terroriste soutenue par l’Iran à 80 kilomètres de Tel-Aviv. La vie dans les villes israéliennes proches de Gaza est devenue un cauchemar. Jugez-en : non seulement les tirs de roquettes ont continué, mais ils ont été multipliés par dix.

Encore une fois, l'ONU est restée silencieuse.

 

Finalement, au bout de huit années de cette agression ininterrompue, Israël a été contraint de réagir. Mais comment aurions-nous dû réagir ? Eh bien, il n'y a qu'un seul exemple dans l'histoire de milliers de missiles tirés sur la population civile d'un pays. Cela s’est produit quand les nazis ont bombardé les villes britanniques pendant la Seconde Guerre mondiale. Durant cette guerre, les Alliés ont rasé des villes allemandes, causant des centaines de milliers de victimes.

Israël a choisi de réagir différemment. Confronté à un ennemi qui commet un double crime de guerre en tirant sur des civils tout en se cachant derrière des civils, Israël a choisi de procéder à des frappes chirurgicales contre les lanceurs de roquettes.

Ce n'était pas une tâche facile parce que les terroristes tiraient des missiles à partir de maisons et d’écoles, utilisant les mosquées comme dépôts d'armes et d'explosifs, et circulant furtivement dans des ambulances.

 

Israël, en revanche, a tenté de réduire les pertes au minimum en exhortant les civils palestiniens à quitter les zones prises pour cibles. Nous avons lancé d’innombrables tracts sur leurs maisons, envoyé des milliers de messages texto et appelé des milliers de numéros de téléphones portables pour demander aux gens de partir. Jamais un pays n’est allé aussi loin pour épargner tout danger à la population civile de l'ennemi.

Pourtant, face à un cas aussi évident démontrant qui est l'agresseur et qui est la victime, qui le Conseil des droits de l'homme des Nations unies a-t-il décidé de condamner ? - Israël.

Une démocratie qui se défend légitimement contre le terrorisme est pendue et écartelée en effigie, et soumise à un procès inéquitable par-dessus le marché.

Avec ces critères faussés, le Conseil des droits de l'homme des Nations unies eût traîné Roosevelt et Churchill au banc des accusés comme criminels de guerre.

Quelle perversion de la vérité ! Quelle perversion de la justice !


Délégués de l'Organisation des Nations Unies,

Accepterez-vous cette farce ?

Parce que, si vous le faites, l'Organisation des Nations Unies reviendra à ce qu'elle était lors de ses jours les plus sombres, quand les pires violeurs des droits de l'homme, siégeaient pour juger des démocraties respectueuses des lois, quand le sionisme était assimilé au racisme, et quand une majorité aveugle pouvait affirmer que la terre est plate.

Si cette Organisation ne rejette pas ce rapport, elle enverra le message suivant aux terroristes de partout : Le terrorisme paie, si vous lancez vos attaques à partir de zones densément peuplées, vous aurez l'immunité.

Et en condamnant Israël, cet organe portera également un coup mortel à la paix.

Voici pourquoi.

 

Quand Israël a quitté Gaza, beaucoup espéraient que les attaques de missiles cesseraient. D'autres croyaient qu’à tout le moins, Israël bénéficierait d’une légitimité internationale s’il exerçait son droit de légitime défense. 

Quelle légitimité? Quelle légitime défense?

La même Organisation des Nations Unies qui avait acclamé Israël quand il quittait Gaza et promis d'appuyer notre droit de légitime défense, accuse maintenant mon peuple, mon pays, de crimes de guerre !

Et pour quel motif ? Pour avoir agi de manière responsable en état de légitime défense. Quelle farce !

Israël se défend, à juste titre, contre le terrorisme. Ce rapport partial et injuste est un test clair et net pour tous les gouvernements.

Serez-vous avec Israël, ou serez-vous avec les terroristes ?

Nous devons connaître la réponse à cette question maintenant. Maintenant et pas plus tard. Parce que si Israël est à nouveau invité à prendre davantage de risques pour la paix, c’est aujourd’hui que nous devons savoir que vous serez avec nous demain.

Ce n'est que si nous avons la certitude que nous pourrons nous défendre que nous pourrons prendre des risques supplémentaires pour la paix.


Mesdames et Messieurs,

Israël dans sa totalité veut la paix.

Chaque fois qu'un dirigeant arabe a vraiment voulu faire la paix avec nous, nous avons fait la paix. Nous avons fait la paix avec l'Egypte, dirigée par Anwar Sadate. Nous avons fait la paix avec la Jordanie, dirigée par le roi Hussein.
Et si les Palestiniens veulent vraiment la paix, moi et mon gouvernement, ainsi que le peuple d'Israël, nous ferons la paix. Mais nous voulons une paix véritable, une paix défendable, une paix permanente.


En 1947, cette Organisation [l’ONU] a voté pour la création de deux Etats pour deux peuples - un État juif et un État arabe. Les Juifs ont accepté cette résolution. Les Arabes l'ont rejetée.

Nous demandons aux Palestiniens de faire enfin ce qu'ils ont refusé de faire pendant 62 ans : dire oui à un Etat juif. Tout comme il nous est demandé de reconnaître un État-nation pour le peuple palestinien, les Palestiniens doivent se voir demander de reconnaître l'Etat-nation du peuple juif. Le peuple juif n'est pas un peuple de conquérants en terre d’Israël.

C’est la terre de nos ancêtres.

 

Sur les murs extérieurs de ce bâtiment est inscrite la grande vision biblique de la paix: "On ne lèvera plus l'épée nation contre nation, on n'apprendra plus à faire la guerre". Ces paroles ont été prononcées par le prophète juif Isaïe [Is 2, 4 = Mi 4, 3], il y a 2 800 ans alors qu'il foulait le sol de mon pays, de ma ville, dans les collines de Judée et dans les rues de Jérusalem.

Nous ne sommes pas étrangers à cette terre. Elle est notre patrie.

Si profondément liés que nous soyons à ce territoire, nous reconnaissons que les Palestiniens y vivent aussi et veulent une patrie qui leur soit propre. Nous voulons vivre côte à côte avec eux, deux peuples libres vivant en paix, dans la prospérité et la dignité. Mais nous devons avoir la sécurité.

 

Les Palestiniens auront tous les pouvoirs pour se gouverner eux-mêmes, à l'exception de quelques pouvoirs qui pourraient mettre Israël en danger. C'est pourquoi un Etat palestinien doit être effectivement démilitarisé.

Nous ne voulons pas une autre Gaza, une autre base terroriste soutenue par l’Iran, contiguë à Jérusalem et située sur les collines à quelques kilomètres de Tel-Aviv.

Nous voulons la paix.

Je crois que cette paix peut être réalisée. Mais seulement si nous faisons reculer les forces du terrorisme, dirigées par l'Iran, qui cherchent à détruire la paix, à éliminer Israël et à renverser l'ordre mondial.

La question qui se pose à la communauté internationale est de savoir si elle est prête à affronter ces forces ou à s’en accommoder.

Il y a plus de soixante-dix ans, Winston Churchill a déploré ce qu'il a appelé « l’incapacité avérée d’apprendre, qui caractérise l'humanité », la fâcheuse habitude qu’ont les sociétés civilisées de dormir jusqu'à ce que le danger soit près de s’abattre sur elles.

Churchill s’est lamenté de ce qu'il appelait le « manque de prévoyance, le refus d’agir quand l'action peut être simple et efficace, le manque de clarté de pensée, la confusion des avis jusqu'à ce qu’il y ait urgence, jusqu'à ce que l’instinct de conservation fasse résonner son timbre strident. »

 

Je parle ici, aujourd'hui, dans l'espoir que l’estimation de Churchill à propos de « l’incapacité d’apprendre, qui caractérise l'humanité », s’avère pour une fois erronée.

Je parle ici, aujourd'hui, dans l'espoir que nous pouvons apprendre de l'Histoire, que nous pouvons écarter le danger à temps.

Dans l'esprit des paroles immémoriales de Josué, prononcées il y a plus de 3 000 ans, "soyons forts et tenons bon" [cf. Jos 10, 25), affrontons ce risque, assurons notre avenir et, si Dieu le veut, forgeons une paix durable pour les générations à venir.

 

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Mis en ligne le 26 septembre 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org
 

 

"Jérusalem : la capitale de l’Etat d’Israël n’est pas une colonie "
21 juillet 2009
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Extraits des déclarations du Premier ministre Benjamin Netanyahu lors du Conseil des ministres de ce jour :


« Je lis les titres des quotidiens concernant la construction d’un quartier de Jérusalem et aimerais souligner à nouveau que Jérusalem unifiée est la capitale du peuple juif et de l’Etat d’Israël. Notre souveraineté ne peut être remise en cause ; ceci signifie que les résidents de Jérusalem peuvent acquérir des logements dans chaque quartier de la ville.

 

Cela a toujours été la politique de chacun des gouvernements israéliens et je vous rappelle que des centaines d’appartements des quartiers juifs ou de la partie ouest de la ville ont été loués ou achetés par des résidents arabes sans que nous ne nous y ayons jamais été opposés.

 

Il n’y a donc aucune interdiction quant à l’acquisition d’appartements par des Arabes dans la partie occidentale de la ville comme il ne peut y en avoir pour l’achat ou la construction d’appartements par des Juifs dans la partie orientale de la ville.

 

Telle est la politique d’une cité ouverte, non divisée qui ne souffre d’aucune séparation selon la religion ou l’appartenance nationale. Nous ne pouvons accepter l’idée selon laquelle les Juifs n’auraient pas le droit de vivre ou d’acheter à Jérusalem. J’imagine seulement ce qui se passerait si l’on proposait qu’il soit interdit aux Juifs de s’installer dans certains quartiers de New York, Londres, Rome ou Paris. Cela provoquerait des protestations internationales.

 

 Nous ne cautionnerons donc jamais un tel jugement. Telle a été la politique des précédents gouvernements et telle sera également la nôtre. »

 

Extraits des déclarations du ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman lors du Conseil des ministres de ce jour :


« Des milliers de familles arabes achètent des maisons à Jérusalem dans les quartiers de Neve Yaakov ou French Hill, et je n’ai entendu aucune remarque à ce sujet ni des Etats-Unis ni d’aucun pays européen. Cela serait incongru –et je reste poli- que l’Etat d’Israël décide de discriminer ses citoyens Juifs, surtout à Jérusalem, et ne leur permette ni d’acheter ni de construire à Jérusalem. »

 

Discours du Premier ministre au Centre Begin-Sadate
14 ‏juin 2009
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Photo: Reuters

Mesdames et Messieurs, citoyens de l’Etat d’Israël,

La paix a toujours été le désir le plus ardent de notre peuple. Nos prophètes ont donné au monde la vision même de la paix, nous nous saluons à l’aide du mot “paix”, nos prières s’achèvent sur le mot “paix”.

Nous sommes ce soir réunis dans une institution portant le nom de deux pionniers de la paix, Menachem Begin et Anwar Sadate, dont nous partageons la vision.

Il y a deux mois et demi, j’ai prêté mon serment de Premier ministre de l’Etat d’Israël. Je me suis engagé à former un gouvernement d’unité nationale – et j’y suis parvenu. J’étais convaincu, et je le suis toujours, que l’unité nous est plus vitale aujourd’hui que jamais, confrontés que nous sommes à trois immenses défis : la menace iranienne, la crise économique et la promotion de la paix.

Le spectre de la menace iranienne n’a pas Israël pour seule cible, comme nous en avons eu la preuve hier. Le plus grand danger pour Israël, le Moyen-Orient et l’ensemble de l’humanité, est la connexion entre l’extrémisme islamique et l’arme nucléaire. J’ai débattu de ce registre avec le président Obama au cours de ma récente visite à Washington et je l’évoquerai également la semaine prochaine lors de mes entretiens avec les dirigeants européens. Depuis des années, je tente  sans relâche de forger une alliance internationale destinée à empêcher l’Iran de faire l’acquisition de l’arme atomique.


Confronté à une crise économique mondiale, le gouvernement a rapidement pris les mesures nécessaires à la stabilisation de l’économie israélienne. Nous avons voté un budget de deux ans qui sera prochainement approuvé par la Knesset.

Troisième enjeu, de loin le plus important : la promotion de la paix. J’en ai certes parlé au président Obama et je cautionne totalement le projet de paix régionale qu’il préconise.

Je partage le désir du président de susciter une nouvelle ère de réconciliation dans notre région. Dans ce dessein, je me suis entretenu avec le président Moubarak en Egypte et le roi Abdallah en Jordanie, afin de rallier le soutien de ces leaders et d’étendre le rayon de la paix dans notre région.

Je m’adresse ce soir aux dirigeants arabes et leur dis : “Rencontrons-nous, parlons de paix et faisons la paix. Je suis disposé à vous rencontrer à tout moment. Je suis disposé à me rendre à Damas, à Riyad, à Beyrouth, partout – y compris à Jérusalem.

Je lance un appel à la coopération des pays arabes avec les Palestiniens et avec nous pour promouvoir une paix fondée sur la croissance économique. La paix économique n’est pas un substitut à la paix politique, mais elle joue un rôle important pour parvenir à cette dernière. Ensemble, nous pouvons entreprendre des projets susceptibles de surmonter les pénuries de notre région, tels le dessalement de l’eau, en maximiser les atouts, tels l’exploitation de l’énergie solaire, du gaz et du pétrole, les moyens de transport entre l’Asie, l’Afrique et l’Europe.

Nous sommes tous impressionnés, je le suis aussi, par la réussite économique des Etats du Golfe. Je fais appel aux entrepreneurs du monde arabe pour qu’ils investissent leurs énergies et leurs talents ici, et contribuent ce faisant à aider les Palestiniens – et nous – à stimuler l’économie de la région.

 

Ensemble, nous pourrions créer des zones industrielles porteuses de milliers d’emplois et créer des sites touristiques qui attireraient des millions de visiteurs désireux de s’engager dans les pas de l’Histoire – à Nazareth et Bethléem, autour des murs de Jéricho et de Jérusalem, sur les rives du lac de Tibériade et au site du baptême sur le Jourdain.

Notre région renferme un énorme potentiel de tourisme archéologique, il suffit que nous apprenions à collaborer pour mettre en œuvre ce potentiel.

 

Je m’adresse à vous, voisins palestiniens dirigés par l’Autorité palestinienne, et vous dis : “Entamons immédiatement des pourparlers, sans conditions préalables.”

Israël respecte ses engagements internationaux et s’attend à ce que toutes les parties respectent les leurs. 

Nous voulons vivre en paix avec vous, en bons voisins. Nous voulons que nos enfants et les vôtres ne fassent plus jamais l’expérience de la guerre, que des parents, des frères et des soeurs n’aient plus jamais la douleur de perdre leurs êtres chers au combat ; que nos enfants puissent rêver d’un avenir meilleur et qu’ils parviennent à réaliser leurs rêves ; que nous investissions ensemble nos énergies dans la fabrication de socs et de serpes plutôt que d’épées et de lances. 

Je connais la laideur de la guerre. J’ai fait l’expérience des champs de bataille. J’y ai perdu mes amis, j’y ai perdu un frère. J’ai vu la douleur des familles endeuillées. Je ne veux pas de guerre. Personne en Israël ne veut la guerre.

En joignant nos mains et en œuvrant ensemble à l’instauration de la paix, il n’y aura pas de limites au développement et à la prospérité de nos populations – sur les plans économique, agricole, commercial, touristique et éducatif qui, et c’est le plus important, garantiront à nos enfants un monde meilleur, une vie paisible, créatrice, riche d’opportunités et d’espoir.

Si la paix a des atouts si manifestes, demandons-nous pourquoi elle demeure si lointaine alors que nos mains sont tendues vers elle ? Pourquoi ce conflit dure  depuis plus de soixante ans ?

 

Pour mettre un terme au conflit, il nous faut donner une réponse honnête et sans détours à cette question : quelles en sont les sources ?

 

Dans son discours au Premier Congrès sioniste de Bâle, Théodore Hezl, le fondateur du sionisme, déclarait à propos du foyer national juif : “L’idée est si grande que nous ne pouvons en parler qu’en termes les plus simples.” Je vais parler aujourd’hui des immenses défis de la paix avec les mots les plus simples possibles.

Les horizons de demain ne doivent nous faire oublier ni les réalités ni les vérités de l’heure. La vérité est que les racines du conflit ont été et restent le refus de reconnaître le droit du peuple juif à son Etat, dans sa patrie historique.

 

En 1947, lorsque les Nations unies proposèrent leur plan de partition prévoyant un Etat juif et un Etat arabe, les pays arabes rejetèrent unanimement cette résolution. La communauté juive, au contraire, l’accueillit avec des chants et des danses. Les Arabes ont rejeté toute idée d’Etat juif, quelles que fussent ses frontières.

Ceux qui pensent que l’hostilité envers Israël est la conséquence de notre présence en Judée, Samarie et dans la bande de Gaza confondent causes et conséquences.

Les attaques contre nous ont débuté dès les années 20, se sont intensifiées en assaut généralisé en 1948, poursuivies par les attentats de feddayin des années 50 pour atteindre leur paroxysme en 1967, à la veille de la guerre de Six-Jours, dans l’espoir de resserrer l’étau arabe autour de l’Etat d’Israël.

Autant d’événements advenus au cours des cinquante années avant même qu’un soldat israélien n’ait foulé le sol de la Judée et de la Samarie.

L’Egypte et la Jordanie ont, heureusement, quitté ce cercle d’hostilité. La signature de traités de paix avec ces pays a mis un terme à leurs revendications contre Israël, un terme au conflit. Mais, et nous le regrettons, ce n’est pas le cas des Palestiniens. Plus nous nous rapprochons d’un accord avec eux, plus ils font marche arrière et présentent des revendications qui réfutent tout désir sincère de mettre un terme au conflit.

Nombreux sont ceux qui soutiennent que l’évacuation des territoires est la clé de la paix avec les Palestiniens. Nous nous sommes retirés, mais le fait est que chaque évacuation a été suivie par des vagues massives de terrorisme, par des attentats suicide meurtriers et par des milliers de missiles.

 

Nous avons tenté le retrait avec et sans accord préalable, le retrait partiel et le retrait total. En l’an 2000 et même l’an dernier, Israël a proposé un retrait presque  complet en échange de la fin du conflit, et à deux reprises notre proposition a été repoussée.


Nous avons évacué jusqu’au dernier centimètre de la bande de Gaza, démantelé des dizaines de localités juives et évincé de leurs foyers des milliers d’Israéliens pour ne recevoir en réponse que des salves de missiles lancés sur nos villes, nos localités et nos enfants. 

Le postulat selon lequel l’évacuation des territoires déboucherait sinon sur la paix avec les Palestiniens, du moins sur des progrès dans le sens de la paix, n’a pas encore fait les preuves de son bien-fondé.

De surcroît, le Hamas au sud, à l’instar du Hezbollah au nord, proclame à l’envi ses engagements à la “libération” des villes israélienns d’Ashkelon, de Beershéva, d’Acre et de Haïfa. 

L’évacuation des territoires n’a pas diminué la haine, et à notre grand regret, les Palestiniens modérés ne sont toujours pas disposés à prononcer ces quelques mots simples : Israël est la patrie du peuple juif, et le restera.

Parvenir à la paix exige courage et franchise des deux partenaires, pas seulement du côté israélien. 

Le leadership palestinien doit proclamer haut et fort : “Trêve d’hostilités ! Nous reconnaissons le droit du peuple juif à posséder son Etat et nous sommes disposés à vivre en paix à ses côtés.”  

J’aspire au jour où les dirigeants palestiniens s’adresseront à nous et à leurs populations dans ces termes, au jour où s’ouvrira la voie de la paix et de la solution de tous les problèmes qui opposent nos peuples, quelle que soit leur complexité.

Il s’ensuit que la condition préalable fondamentale pour mettre fin au conflit est la reconnaissance publique et catégorique d’Israël en tant que patrie du peuple juif par les Palestiniens.  

Pour conférer à cette déclaration une portée pratique, il importe également que les Palestiniens comprennent que le problème posé par les réfugiés doit être résolu hors des confins israéliens. Car il est clair que toute exigence de retour des réfugiés palestiniens en territoire israélien constitue une danger pour l’existence d’Israël en tant que patrie du peuple juif.

Le problème des réfugiés palestiniens doit être résolu et peut l’être, comme le prouve notre propre expérience. Notre petit pays a en effet réussi à intégrer des dizaines de milliers de réfugiés juifs qui ont abandonné leurs maisons et leurs biens dans les pays arabes. 

Il importe donc, au nom de la justice et de la logique, que ce problème soit résolu hors des frontières d’Israël. Sur ce point, le consensus de nos concitoyens est quasiment unanime. Je suis convaincu qu’avec de la bonne volonté et un investissement international, ce problème humanitaire pourra être définitivement résolu. 

Je n’ai abordé pour l’instant que le registre de la reconnaissance de nos droits par les Palestiniens. J’aborderai ouvertement dans un moment celui de la reconnaissance par Israël des droits des Palestiniens.  

Permettez-moi de rappeler tout d’abord que les liens noués par le peuple juif avec la Terre d’Israël remontent à plus de 3500 ans. La Judée et la Samarie, ces lieux où vécurent Abraham, Isaac et Jacob, David et Salomon, Isaïe et Jérémie, ne nous sont pas étrangers. Ils s’inscrivent dans la terre de nos ancêtres.

 

Le droit du peuple juif à un Etat en Terre d’Israël n’est pas la conséquence des catastrophes qui ont frappé notre peuple. Certes, pendant 2000 ans, les Juifs ont enduré des expulsions, des pogroms, des accusations de meurtre rituel et des massacres dont le paroxysme, sans précédent dans l’histoire de l’humanité, a été atteint pendant la Shoah.  

Certains prétendent que sans la Shoah l’Etat d’Israël n’aurait pas vu le jour. Pour ma part j’affirme que si l’Etat d’Israël avait été établi plus tôt, la Shoah ne se serait pas produite.

Cette tragique histoire d’impuissance explique pourquoi le peuple juif doit posséder son pouvoir souverain d’auto-défense.

Toutefois, notre droit d’édifier ici, en Terre d’Israël, un pays souverain, procède  d’un fait simple : cette terre est la patrie du peuple juif, celle où s’est forgée notre identité.

Comme le proclama dans la Déclaration d’Indépendance le premier chef de gouvernement israélien, le Premier ministre David Ben-Gurion : Eretz Israel est le lieu où naquit le peuple juif. C’est là que se forma son caractère spirituel, religieux et national. C’est là qu’il réalisa son indépendance, créa une culture à la fois nationale et universelle, et fit don de la Bible au monde entier.

Pour autant, nous ne devons pas dissimuler une partie de la vérité : dans cette patrie vit une grande communauté palestinienne. Nous ne souhaitons ni les dominer, ni régir leur existence, pas plus que leur imposer notre drapeau et notre culture. 

Dans ma perception de la paix, dans ce petit pays qui est le nôtre, deux peuples vivent librement, côte à côte, dans la concorde et le respect mutuel. Chacun possède son drapeau, son hymne national, son propre gouvernement. Aucun ne menace l’existence et la sécurité de son voisin.

Ces deux réalités – notre attachement à la Terre d’Israël d’une part, et la présence d’une population palestinienne parmi nous de l’autre – ont suscité de profondes controverses dans la société israélienne. Mais en vérité nous avons plus de choses en commun que de pommes de discorde.

Et c’est précisément pour exprimer notre unité et notre attachement aux principes de paix et de sécurité que je suis ici ce soir. Ce sont ces principes fondamentaux qui régissent notre politique. 

Cette politique doit prendre en compte la situation mondiale récemment émergée. Il nous faut connaître les réalités qu’elle implique, tout en restant fermement liés aux principes essentiels pour notre pays. 

J’ai déjà énoncé le premier de ces axiomes : la reconnaissance. Les Palestiniens doivent reconnaître clairement et sans ambiguïté qu’Israël est la patrie du peuple juif. Le second concerne la démilitarisation : les territoires sous administration palestinienne doivent impérativement être démilitarisés et des dispositions à toute épreuve prises pour garantir la sécurité d’Israël. 

Si ces deux conditions ne sont pas respectées, le danger de l’émergence d’un Etat palestinien armé qui deviendrait une nouvelle base de terrorisme contre Israël, du genre de celle de Gaza, est réel.

Nous ne voulons pas de roquettes Qassam sur Petah-Tikva, de roquettes Grad sur Tel-Aviv, ni de missiles sur l’aéroport Ben-Gurion. Ce que nous voulons, c’est la paix. 

Pour y parvenir, nous devons nous assurer que les Palestiniens ne soient pas en mesure d’importer des missiles dans leur territoire, de déployer une armée, de fermer leur espace aérien à nos avions, ou de conclure des accords avec des organisations telles que le Hezbollah et avec des pays comme l’Iran. Sur ce point, le consensus d’Israël est général.

On ne peut s’attendre à ce que nous acceptions par avance le principe d’un Etat palestinien sans garanties de démilitarisation de cet Etat.

Dans un registre aussi vital pour l’existence d’Israël, nous devons avoir la garantie que nos exigences de sécurité seront respectées.

Par conséquent, nous demandons à nos amis de la communauté internationale, avec à leur tête les États-Unis, de garantir ces éléments cruciaux pour la sécurité de notre pays : des engagements clairs relatifs à la démilitarisation du territoire sous contrôle palestinien dans un futur accord de paix, autrement dit que le territoire du futur Etat palestinien soit dépourvu d’une armée et du contrôle de son espace aérien, doté également de moyens efficaces de sécurité destinés à empêcher le trafic d’armes sur son territoire – un véritable contrôle de ces mesures et non ce qui se passe à Gaza à l’heure actuelle. Il va de soi aussi que les Palestiniens ne pourront conclure des accords militaires avec d’autres pays.

 

Faute de mesures de ce genre, ces territoires deviendront tôt ou tard un nouveau “Hamastan”. Chose que nous n’accepterons à aucun prix.

Lors de ma visite à Washington, j’ai dit au président Obama que si nous parvenons à nous entendre sur la substance, la terminologie ne posera pas problème.  

Je tiens à préciser la substance d’un futur accord avec l’Autorité palestinienne : 

Si nous recevons des garanties concernant la démilitarisation et les exigences israéliennes de sécurité, et si les Palestiniens reconnaissent qu’Israël est la patrie du peuple juif, nous serions disposés, dans le cadre d’un futur accord, à parvenir à une solution prévoyant l’existence d’un Etat palestinien démilitarisé aux côtés de l’Etat juif.

 

Concernant les registres importants qui restent à résoudre dans le cadre d’un accord final, mes positions sont connues : Israël a besoin de frontières sûres et défendables, Jérusalem doit rester la capitale unifiée de l’Etat d’Israël où la liberté de culte de toutes les religions sera scrupuleusement respectée.

Le registre territorial sera évoqué dans l’accord définitif. Entretemps, nous n’avons l’intention ni d’établir de nouvelles implantations, ni d’exproprier d’autres terrains au profit des localités existantes. 

Toutefois, nous devons permettre aux habitants de ces localités de mener des vies normales, aux mères et aux pères d’élever leurs enfants comme partout ailleurs. Les habitants de ces localités ne sont ni des ennemis du peuple, ni des ennemis de la paix. Ils font au contraire partie intégrante de notre population, ce sont des gens qui  défendent leurs idéaux, des pionniers et des sionistes.

L’unité entre tous les secteurs de notre population nous est essentielle et nous permettra de parvenir à nous réconcilier avec nos voisins. Cette réconciliation doit commencer par le changement des réalités actuelles. Je suis convaincu qu’une économie palestinienne forte renforcera la paix.

Si les Palestiniens optent pour la paix – en combattant le terrorisme, renforçant les rouages de leur administration, imposant le règne du droit, enseignant la paix à leurs enfants et en mettant un terme aux incitations à la violence contre Israël – nous ferons pour notre part tous les efforts pour faciliter leur liberté de mouvement, et pour leur permettre de développer leur économie. Autant d’éléments qui contribueront à promouvoir un traité de paix entre nous.
Au-delà, les Palestiniens doivent faire le choix entre la voie de la paix et celle du Hamas. L’Autorité palestinienne devra faire régner la loi à Gaza et triompher du Hamas, Israël ne prendra pas place autour de la table de négociation avec des terroristes résolus à détruire notre pays.

Le Hamas ne permet même pas à la Croix-Rouge de rendre visite à notre soldat kidnappé Gilad Shalit captif depuis trois ans, isolé de ses parents, de sa famille et de son peuple. Nous nous engageons à le faire rentrer sain et sauf chez lui.

Avec des dirigeants palestiniens ayant pris des engagements en faveur de la paix, avec la collaboration active du monde arabe et le soutien des Etats-Unis et de la communauté internationale, il y a de bonnes chances de parvenir à la paix.

Notre peuple a déjà prouvé sa capacité de surmonter l’impossible. Au cours des 61 dernières années, et tout en luttant constamment pour notre existence, nous avons réalisé des prodiges.

Nos puces sont insérées dans les ordinateurs du monde entier. Nos médicaments soignent des maladies jusque là tenues pour incurables. Nos systèmes d’irrigation au goutte-à-goutte ont fait reverdir des terres arides partout dans le monde. Les chercheurs israéliens travaillent à étendre les limites des connaissances humaines.

Si seulement nos voisins répondaient à nos appels, la paix serait à portée de nos mains.

J’exhorte les dirigeants des pays arabes et le leadership palestinien à s’engager sur la voie de Menachem Begin et d’Anouar Sadate, de Yitzhak Rabin et du roi Hussein. Réalisons ensemble la vision du prophète Isaïe qui, il y a 2700 ans à Jérusalem prônait : Un peuple ne tirera plus l’épée contre un autre peuple, et on n’apprendra plus l’art de la guerre.

Avec l’aide de Dieu, puissions-nous ne plus connaître la guerre, et savourer  enfin la paix.  

Sondage de l’institut Dialog après le discours de Netanyahu

Haaretz – 16 juin 2009

Etes-vous satisfait de l’action de Binyamin Netanyahu en tant que Premier ministre ?
Satisfait 44 %
Insatisfait 36 %
Sans opinion 20 %
Résultats du sondage précédent publié le 14 mai : Satisfait 28 % Insatisfait 52 % Sans opinion 20 %


Etes-vous d’accord avec ce qui a été dit dans le discours ?
D’accord 71 %
Pas d’accord 20 %
Sans opinion/autre 9 %


Netanyahu a déclaré dans son discours qu’il acceptait la création d’un Etat palestinien démilitarisé. Quelle en est selon vous la raison essentielle à cela ?
Il a cédé aux pressions américaines 55 %
Il pense que ce discours sert les intérêts de l’Etat d’Israël 33 %
Son idéologie a véritablement changé 5 %
Sans opinion/autre 7 %


Dans son discours, Binyamin Netanyahu a fait part de son intention d’avancer vers la paix avec les Palestiniens. A votre avis, dans ses propos :
Il a dit exactement ce qu’il fallait 55 %
Il est allé trop loin en direction des Palestiniens 19 %
Il n’est pas allé assez loin en direction des Palestiniens 14 %
Sans opinion/autre 12 %


A votre avis, le discours contribuera-t-il ou non à améliorer la position diplomatique et internationale d’Israël ?
Contribuera 52 %
Ne contribuera pas 34 %
Sans opinion/autre 14 %


Pensez-vous que le discours de Netanyahu contribuera à faire avancer le processus de paix face aux Palestiniens ?
Je ne le pense pas 67 %
Je le pense 23 %
Sans opinion 10 %


Pensez-vous qu’un Etat palestinien démilitarisé sera créé dans les prochaines années ?
Je ne le pense pas 70 %
Je le pense 20 %
Sans opinion 10 %


Après ce discours, le parti Kadima doit-il se joindre au gouvernement ?
Oui 41 %
Non 39 %
Sans opinion 20 %

 


61ème anniversaire de l’Indépendance de l’Etat d’Israël
27 avril 2009
(cliquer pour agrandir)

Message du Premier ministre de l’Etat d’Israël


Aujourd’hui Israël célèbre son 61ème anniversaire. Toute année marquant la renaissance de l’Etat Juif après de longs siècles d’exil mérite une célébration.
Après des siècles d’impuissance, le peuple juif est revenu à une époque historique et a repris sa juste place parmi les Nations. La renaissance d’Israël nous permet de retracer notre propre destinée et de déterminer notre avenir.
Ces 61 ans montrent ce qu’une nation libre et indépendante peut accomplir. Avec de rares ressources, nous avons ranimé une terre infertile et absorbé des millions d’immigrants. Par l’innovation et la détermination, le génie de notre peuple nous a conduit au premier plan des prouesses agricoles, médicales ou scientifiques alors que notre créativité engendrait une industrie de pointe qui ne cesse d’intriguer la planète. Nous sommes parvenus à la paix avec l’Egypte et la Jordanie et continuons de poursuivre un objectif de paix avec l’ensemble de nos voisins.
Tout ceci a été accompli alors qu’Israël vivait sous menace permanente depuis 61 ans. Malheureusement, Israël est encore menacée. Un régime iranien appelle à notre destruction tout en poursuivant fiévreusement sa course effrénée à l’armement nucléaire. Les organisations terroristes se renforcent quotidiennement tant sur nos frontières du Sud que du Nord. Et un courant antisémite envahit le monde civilisé.
Pour faire face à ces défis dans les années à venir, l’unité au sein de notre peuple, autant à l’intérieur d’Israël qu’en dehors, sera déterminante. C’est pourquoi il est vital de renforcer davantage les liens entre Israël et la Diaspora. Ces liens sont source de force mutuelle et nous rappellent le rôle unique que joue Israël dans le monde et pour l’histoire de son peuple.
En ce jour de célébration, soyons fiers de ce que nous avons accompli et espérons voir venir le temps de la sécurité, de la prospérité et de la paix. Si nous nous soutenons comme des frères et des sœurs, si nous nous élevons ensemble avec courage et conviction, ce temps viendra.

Hag sameah,
Benjamin Netanyahu


Message du Vice-premier ministre et ministre israélien des Affaires étrangères


Alors que nous célébrons notre liberté et nos 61 années d’Indépendance nationale, je voudrais partager avant toute chose avec vous, mon sincère et profond désir de sécurité, de paix et de bien-être pour le peuple juif à travers le monde.
Il y a 61 ans, la Déclaration d’Indépendance unifiait le peuple juif aussi bien en Israël que dans le monde entier avec chaque nation qui soutenait l’idée de renaissance d’un Etat Juif. L’esprit du peuple juif nous a aidé à remporter la Guerre d’Indépendance et à établir l’Etat d’Israël, comme il a contribué à vaincre ceux qui voulaient notre destruction.
Nous avons payé un prix élevé pour gagner notre indépendance. Je fais allusion à près d’une douzaine de guerres et des milliers d’attaques terroristes qui ont causé la mort de près de 25.000 personnes et en ont blessé des milliers d’autres. Ce prix a renforcé notre détermination à vaincre nos ennemis et nous sommes plus que jamais résolus à protéger les citoyens d’Israël où qu’ils résident.
 Voici venu le temps de l’unité, chez nous et à l’étranger, car c’est uniquement soudés que nous seront en mesure d’affronter les menaces du terrorisme, de l’antisionisme et de l’antisémitisme.
Nous devons agir ensemble et être solidaires les uns des autres afin d’assurer la pérennité des droits, de la vigueur et du rôle du peuple juif, contribuant à l’amélioration du monde dans lequel nous vivons.
Malgré sa petite taille, Israël est un pays doté d’un potentiel unique et ayant accumulé des réalisations incroyables. Israël a fait ses preuves en devenant pionnier dans plusieurs domaines, aussi bien scientifique qu’économique, jusqu’à la coopération internationale et en devenant une démocratie vibrante à travers sa liberté d’expression ou de culte. Ensemble, l’Etat d’Israël et les Juifs de Diaspora ont un potentiel inhérent infini pour contribuer à faire avancer la prospérité sur une échelle globale tout en consolidant l’existence juive, basée sur notre héritage, nos valeurs de respect et de dignité pour tous.
Certes, nous nous devons de promouvoir la paix réelle entre nous et avec nos voisins par des discours pacifiques. Simultanément, nous nous devons d’engager des mesures garantissant la survie du peuple juif où qu’il se trouve, la sécurité d’Israël et les droits du peuple juif sur sa terre natale.
Nous devons encourager et soutenir la prochaine génération de leaders juifs parce que, depuis l’établissement de l’Etat d’Israël, nous avons été partenaires de l’entreprise sioniste et devons à présent conduire notre peuple vers un avenir prometteur vibrant.
Sur un plan personnel, j’aimerais rendre hommage au courage de l’entreprise sioniste et vous invite tous et chacun d’entre vous à nous rejoindre ici en Israël où nous croyons totalement à ce rêve pour le faire aboutir.
J’ai hâte de vous rencontrer dans vos communautés et ici, à Jérusalem, capitale éternelle et indivisible de l’Etat d’Israël et du peuple juif.

Hag sameah,
Avigdor Liberman

 

Message de Shimon Peres, Président de l’Etat d’Israël
 
Vœux du Président Shimon Peres à la communauté juive du monde à l’occasion du 61ème anniversaire de l’Etat d’Israël.
 
A la veille du 61ème anniversaire et en marge des célébrations vient le temps de la réflexion et des prières pour le bien-être du peuple juif, ici en Israël et dans le monde entier. Le temps de consolider et de renforcer les liens avec l’Etat d’Israël et les communautés juives mondiales, car nous sommes un peuple uni par un héritage commun, uni dans les temps de joie et aux heures sombres.
L’Opération Plomb durci lancée l’année passée en réaction défensive dans le seul but de mettre un terme aux attaques vicieuses incessantes et inqualifiables de missiles et de roquettes contre les citoyens innocents : hommes, femmes, enfants ; qui ont fait tant de ravages ces 8 dernières années. L’Iran continue d’appeler à l’anéantissement d’Israël tout en développant son armement nucléaire menaçant l’essence même d’Israël. De sombres nuages de crise économique engloutissent le monde et obscurcissent le ciel israélien dès lors qu’ils affectent des milliers de foyers à travers le pays. L’antisémitisme marquant les manifestations anti-israéliennes et le soldat Gilad Shalit toujours détenu.
Depuis sa création, Israël a dû être aux prises avec des problèmes complexes qu’elle a toujours surmontés. Aujourd’hui encore, Israël vaincra. Elle abonde en ressources  humaines et sa créativité s’épanouit. Notre vision d’un avenir radieux et rempli d’espoir est infaillible. Dans ce but, nous devons investir massivement dans les générations futures en éduquant nos jeunes dès le berceau. Nous devons poursuivre dans l’excellence et jouer le rôle de leadership dans les champs scientifique, technologique, médical et des énergies renouvelables. Il est essentiel que la carence en eau de source soit remplacée par des projets de désalinisation adéquats, que le désert fleurisse que l’hygiène alimentaire soit préservée. De nouvelles opportunités d’emploi doivent être envisagées pour remédier aux disparités sociales. Nous devons faire le pont entre les divisions au sein de notre société et poursuivre notre quête de la paix.
Telle est notre mission. Nous nous sommes relevé de nos cendres ; et alors que nous nous engageons dans la 7ème décade de l’établissement de l’Etat, nous avons largement de quoi être fiers et reconnaissants.
Célébrons ensemble le 61ème anniversaire de l’Etat par l’unité du peuple juif et en portant un espoir inébranlable dans nos cœurs.
Yom Haatzmaout sameah !
 
Shimon Peres

 

Discours du Vice-Premier Ministre et Ministre des Affaires étrangères Monsieur Karel de Gucht

Conférence d'Examen de Durban

Monsieur le Président,

Madame la Haut Commissaire,

Excellences,

Mesdames, Messieurs,

 

Je suis présent parmi vous aujourd'hui pour démontrer ma détermination et ma conviction.

 

Certains ont choisi d’utiliser la confrontation lors de cette Conférence, d’autres ont choisi l'absence. En ce qui me concerne – je vous le dis clairement - nous choisissons l'engagement et le dialogue : un dialogue franc et un engagement ferme. La lutte contre le racisme et les discriminations exigent de nous une réaction non ambiguë. C'est en effet le moins que l'on puisse faire pour les victimes du racisme et des discriminations.

 

Ma participation aujourd’hui est aussi le résultat de ma conviction qu’il est  nécessaire de condamner sans réserve les déclarations intolérables et haineuses du Président iranien. Ces déclarations sont totalement contraires aux principes et valeurs des Nations Unies. De tels propos sont d’autant plus choquants que les Etats Membres des Nations Unies sont réunis ici pour renouveler leur engagement à lutter contre le racisme et l'intolérance. L’intervention du Président iranien contredit la lettre et l’esprit du texte que nous venons d'adopter. Elle est également contraire aux engagements pris par l'Iran à Durban en 2001. La Déclaration et le Programme d'Action de Durban condamnent en effet l'antisémitisme comme l'islamophobie et l'anti-arabisme et rejettent toute incitation à la haine.

 

 

 

Monsieur le Président,

Mesdames, Messieurs,

 

Nous ne pouvons laisser le champ libre à ceux qui défendent des positions radicales et intolérantes. Nous devons veiller à ce qu’ils prennent cette conférence en otage.    

 

Notre conférence est censée d’évaluer les progrès accomplis dans la lutte contre le racisme et les discriminations et, force est de constater que le racisme persiste, y compris, et je le regrette, en Belgique. Dans certaines régions du monde, des personnes continuent de se voir refuser un emploi ou un logement en raison de la couleur de leur peau, des travailleurs domestiques étrangers sont maltraités, des minorités religieuses sont persécutées car elles ne respectent pas la religion officielle du pays où elles se trouvent, des personnes sont tuées car elles osent changer de religion, des femmes sont victimes de discrimination. Malheureusement, « l'étranger », « l'autre » reste encore synonyme de peur et d'incompréhension.   Ces actes demandent une réaction ferme et sans équivoque.

 

Pour sa part, la Belgique s'est dotée d'une législation solide pour lutter contre le racisme et toutes les formes de discrimination. Nous avons établi un Centre pour l'égalité des chances et de lutte contre le racisme qui peut déposer plainte devant la justice - aussi contre les autorités. Suite à la Conférence de 2001, la Belgique a adopté un plan national de lutte contre le racisme et l'antisémitisme. Ces mesures traduisent la volonté de lutter contre le racisme et les discriminations. Mais elles doivent s'accompagner d'une vigilance renforcée et d'un engagement constant pour assurer une société libre et tolérante.

 

Mesdames, Messieurs,

 

La Belgique s'est activement impliquée dans la préparation de cette Conférence, dans la suite de son engagement lors de la Conférence mondiale contre le racisme de Durban en 2001 et se réjouit que les travaux ont pu être mener à bien.  Le résultat final représente bien sûr un compromis, fruit de négociations difficiles et tendues, et, il faut le reconnaître, pas parfait selon le goût de chacun.  La Déclaration et le Programme d'Action de Durban ne l’était pas non plus.  Pourtant ils ont le mérite d’avoir constituer une base pour lutter contre le racisme et les discriminations ; ceci malgré les excès et débordements causés par des propos extrémistes et inacceptables lors du forum des ONG à cette époque. Aujourd'hui aussi, je suis ici pour démontrer, avec conviction, que lorsque les principes et valeurs doivent être défendus, il faut être présent, dialoguer et participer. Comme l'a bien illustré le Secrétaire Général des Nations Unies, c'est en confrontant dignement nos points de vue que nous pourrons progresser ensemble.

 

Mesdames, Messieurs,

 

Il y a à peine plus d’un mois, lorsque je suis venu à Genève devant le Conseil des Droits de l’Homme, j’ai exprimé mon inquiétude quant aux orientations que prenait le processus préparatoire de la Conférence, et ce tant sur la substance que sur la procédure. Les négociations ont été très difficiles, même houleuses. Trop souvent, le sort des victimes a été négligé au profit de questions étrangères à la lutte contre le racisme.

 

Début mars, le projet de texte était inacceptable pour nous. Il s’écartait des objectifs.  Le processus a connu des dérives que je condamne fortement.  La Belgique était particulièrement préoccupée par les tentatives de certains de remettre en question les droits fondamentaux ou de nier leur universalité.  Ils sembleraient se sentir menacer dans leur souveraineté par l’insistance,  par des acteurs internationaux, sur l’application de ces normes universelles. 

 

A ce sujet, je regrette tout particulièrement la croissance du souverainisme, mettant de plus en plus sous pression le multilatéralisme. Nous devons combattre ce souverainisme grandissant,  et la logique qui veut que d’autres pays et organisations internationales n’ont pas à se mêler à ce qui se passe à l’intérieure de chaque pays. Nous devons continuer à œuvrer pour une coopération et une action multilatérale quand la population civile est victime d’abus graves des droits de l’homme et continuer à s’engager en faveur du droit international qui constitue, pour ces victimes, l’ultime recours leur offrant au moins encore une forme de justice.  

 

Contrairement au souverainisme, la souveraineté est indivisiblement liée à la démocratie et à la responsabilité et la légitimité qui en constituent les fondations. L’universalité de la démocratie ne peut pas être mise en cause sans mettre en question l’égalité entre les personnes.  La démocratie est une valeur universelle. Que les règles du jeu de la démocratie ne sont pas respectées partout ne changent en rien leur universalité. Ce n’est pas parce qu’il y a des gens en prison à cause de leur opinion politique, que la liberté ne soit pas une valeur universelle.  Nous ne pouvons point tomber dans le piège d’un relativisme politique qui essaie de présenter souveraineté et souverainisme comme deux options de société de la même valeur.  Le choix en faveur du souverainisme n’est jamais fait par le peuple, mais toujours par ces dirigeants autocratiques.

 

L’égalité entre les individués est un principe universel.   Dans un monde où les tensions ethniques, économiques et religieuses menacent de refaire surface, il est d’autant plus important de réaffirmer l’universalité de ces valeurs.   

 

Les difficultés dans les négociations ont particulièrement porté sur la notion de la diffamation des religions, notion contraire aux droits de l'homme qui ont pour objectif de défendre l'individu dans ses droits et ses libertés. Ceux-ci ne peuvent être utilisés pour protéger des idées ou concepts comme les religions, au détriment des droits des individus. La diffamation des religions n’est pas réconciliable avec la liberté d’expression et les droits de l’homme. Il serait donc inconcevable que le texte final contienne cette notion.

 

Grâce aux efforts sans relâche de plusieurs délégations et aux concessions faites par toutes les parties, la Conférence a été en mesure d'adopter un document final par consensus.

 

La Belgique aurait pourtant voulu davantage d’élément repris dans le texte de cette Conférence ; notamment une forte condamnation de la discrimination sur base de l'orientation sexuelle. En effet, trop souvent dans le monde, des personnes sont tuées simplement parce qu'elles osent aimer quelqu'un du même sexe. Mon pays aurait également voulu une forte référence à la Cour Pénale Internationale.  Aussi la  responsabilité de protéger, endossée par nos Chefs d'Etats en 2005, y aurait dû être  réaffirmée sans réserve, surtout en ces temps où les crimes contre l'humanité et les crimes de guerre sont encore malheureusement trop présents dans le monde.

 

La Belgique a toutefois décidé d'accepter ce document aux négociations duquel elle a activement participé. Comme l'a justement souligné la Ministre des Affaires étrangères de l'Afrique du Sud, Madame Zuma, ce texte ne nous satisfait pas individuellement, mais bien collectivement.  Et, il contient des éléments importants pour la Belgique. Il aborde le racisme et les discriminations comme un phénomène global qui touche tous les pays du monde. Il rappelle que toutes les victimes doivent avoir la même protection. Il réaffirme le rôle essentiel de la liberté d'expression dans la lutte contre le racisme tout en condamnant l'incitation à la haine conformément au droit international. Il condamne toutes les formes multiples et aggravées de discrimination. Et il réaffirme l'importance de la démocratie pour lutter contre le racisme.

 

Je tiens donc à remercier Monsieur Yury Boichenko, Facilitateur de ces longues négociations, non seulement pour le travail remarquable qu'il a accompli en permettant l'expression d'une vision commune de la Communauté internationale dans la lutte contre le racisme et les discriminations, mais aussi pour avoir pris le risque de mener et poursuivre ces négociations à un moment ou leur issue était plus qu'incertaine. Je tiens également à remercier la Haut Commissaire, Madame Pillay, ainsi que son équipe, pour leur engagement ferme dans ce processus.  A titre personnel je saisis l’occasion pour remercier notre experte belge pour la dévotion qu’elle a démontrée depuis des mois,  jour et nuit, pour mener à bien ce processus. 

 

Mesdames, Messieurs,

 

Le racisme et l'intolérance peuvent pousser l'être humain à commettre les pires atrocités. Alors que ce lundi nous venons de commémorer l'Holocauste et qu'en ce mois d'avril nous commémorons le 15ème anniversaire du génocide au Rwanda, ayons une pensée pour toutes les victimes de racisme et de discrimination partout dans le monde.

 

Peut-on affirmer que ce texte fera une différence pour les victimes?  Je dirais qu'il nous revient à nous tous d'assurer que ce sera le cas, de prendre nos responsabilités et de réellement mettre en œuvre les engagements que nous avons acceptés.  Voilà, le devoir qui nous attend. 

 

Dans cette optique, la Belgique continuera à œuvrer pour une plus grande coopération multilatérale et un multilatéralisme efficace. Ce que nous avons fait dans le cadre de cette conférence, nous le poursuivrons au  sein du Conseil des droits de l’Homme.

 

Je vous remercie

 


Discours de la ministre des Affaires étrangères Tsipi Livni lors de la conférence internationale organisée par le Global Forum for Combating Antisemitism

Jérusalem, 24 février 2008

Je suis convaincue que l’antisémitisme, tout comme le racisme et la xénophobie, n’est pas uniquement un problème juif ou israélien.

 

Merci de cette rencontre, car c’est encourageant.  Je pense que le fait que nous soyons tous rassemblés ici aujourd’hui, pas uniquement des représentants du gouvernement israélien ou de la société israélienne, mais des personnes en provenance du monde entier réunies pour mener cette bataille, peut faire une différence.

 

Même si Israël est la patrie du peuple juif, je suis convaincue que l’antisémitisme, tout comme le racisme et la xénophobie, n’est pas uniquement un problème juif ou israélien. C’est un phénomène qui en dit long sur la société dans laquelle il sévit. Tel que je le vois, l’antisémitisme est une maladie qui dévore le cœur de l’humanité. C’est une plaie que la planète ne peut pas tolérer. Je crois sincèrement que nous devons comprendre le phénomène pour pouvoir changer les choses.

 

La communauté internationale dans son ensemble doit relever le défi, et Israël, patrie du peuple juif est bien sûr de cette bataille. Nous sommes en quelque sorte au front, mais nous avons besoin du monde, de la communauté internationale et des dirigeants des différentes régions pour œuvrer ensemble et changer la réalité. Alors que pour nous, en Israël, le combat contre l’antisémitisme fait partie de notre politique étrangère, j’aimerais le voir partie intégrante des politiques intérieures à travers le monde.

 

Quelquefois nous avons le sentiment, quand je dis nous, je me réfère à la société entière et aux dirigeants internationaux, que certains cas sont mineurs et peut être insignifiants, mais néanmoins, je ne pense pas que nous puissions fermer les yeux devant  ces situations. Par exemple, lorsqu’un entraîneur israélien en Grande-Bretagne reçoit une lettre haineuse qui se réfère à ses origines juives, cela n’a rien à voir avec le football mais directement au fait qu’il est juif. Nous venons de voir un match néo-nazi à Dresde la semaine dernière; cela veut dire quelque chose. Et quand un objet en feu est lancé contre une institution juive à Los Angeles, cela signifie aussi quelque chose.

 

Certains signes doivent être pris en considération. Ces événements ne sont pas mineurs, parce que si nous tolérons les manifestations de haine, nous tolérerons aussi la violence verbale. Et si nous tolérons la violence verbale, nous nous retrouverons dans une culture de violence. Donc nous devons tenir compte de tous ces petits actes contre les minorités, contre « l’autre », et surtout réagir ensemble.

 

Je crois que la clé pour combattre l’antisémitisme est de réaliser que ce n’est pas seulement une affaire pour les Etats et les dirigeants; nous devons attendre de chaque individu qu’il en soit conscient. Chacun devrait comprendre que c’est un phénomène qu’il ou qu’elle ne peut pas tolérer lorsque cela a lieu dans son quartier, sa communauté ou son pays.

 

Nous devrions être conscients du fait que pendant que nous nous réunissons ici, il y a d’autres lieux dans le monde ou certains encouragent l’antisémitisme en tant qu’idéologie. Cela comprend autant des Etats que des  acteurs non étatiques. Il s’agit d’organisations, de communautés et d’individus. D’intellectuels, d’universitaires et de gens ordinaires. Ils utilisent internet, l’espace virtuel et chaque media moderne possible. En fait, ils manipulent la technologie moderne et en abusent pour leur cause diabolique.

 

Comme il a été dit précédemment et clairement compris ici, l’antisémitisme est passé par différentes étapes; cela  a commencé avec la haine des Juifs (Judenhas) puis continué avec l’antisémitisme.  Mais j’aimerais me référer à ce qu’a mentionné le ministre Herzog. Le plus récent développement en matière d’antisémitisme est l’anti-sionisme ou l’approche anti-israélienne. Je souhaiterais mettre les choses au clair : Israël est prêt à accepter les critiques de la communauté internationale vis-à-vis de ses actions et ses décisions, tant que ces critiques concernent nos actions, et non pour le fait qu’Israël est patrie du peuple juif.

 

De plus, il n’y a pas beaucoup de pays au monde, qui examinent (je ne veux pas dire critiquent) leurs propres actions. Notre système juridique n’a pas seulement les pleins pouvoirs de le faire, mais il le fait même quand Israël est sous le feu des attaques ; il vérifie toutes les décisions du gouvernement à l’aune des valeurs humaines et de notre système démocratique. Et nous ne faisons pas cela pour dire quelque chose au monde, non pour être aimé du monde, mais parce que ceci est en accord avec nos principes.

 

Il faut du courage pour agir ainsi, mais c’est ce que nous faisons. Mais il y a quelque chose que nous ne pouvons pas tolérer et ne tolérerons pas. Je suis allée à Washington pour participer à la cérémonie de souvenir en mémoire de Tom Lantos*. Lors de la dernière visite de Tom en Israël, les pilotes de l’armée de l’air israélienne ont survolé les grilles du camp de concentration d’Auschwitz. J’ai dit à cette occasion que l’étoile jaune de David cousue sur les vêtements des prisonniers des camps s’était métamorphosée en Etoile de David dessinée sur les avions de chasse israéliens. J’aimerais ajouter que nous sommes fiers que l’Etoile de David soit maintenant sur le drapeau de l’Etat d’Israël, et nous n’avons pas l’intention de la voir retransformée par les antisémites en étoile jaune de David et utilisée contre Israël.

C’est du passé, et l’une des raisons de notre rencontre est d’affirmer que cela ne se reproduira plus.

 

Au sujet des Etats acteurs, l’Iran est le parfait exemple d’Etat qui dénie la Shoah, tout en essayant simultanément d’obtenir une arme qui peut être entraînera une autre Shoah, tout en étant membre des Nations Unies. C’est inacceptable. Ceux qui veulent faire partie de la communauté internationale, qui veulent être membres des Nations Unies, une organisation créée et établie après la Seconde Guerre mondiale, ne peuvent en être membres alors qu’ils nient la Shoah.

 

Un autre exemple, au sujet des Nations Unies, est bien sûr le Conseil des Droits de l’Homme, un organisme des Nations Unies qui, d’une certaine façon, accepte ces éléments extrêmes qui essayent de singulariser Israël, tout en dictant leur propre ordre du jour radical sous le couvert du Conseil. Je pense que c’est aussi le bon endroit et le bon moment pour mentionner Durban, puisque Durban est aussi un exemple de simulacre que nous ne pouvons plus accepter.

 

J’aimerais expliquer qu’à l’origine le point de vue d’Israël, comme celui des autres dirigeants et pays qui approchent ces problèmes avec les mains propres, était d’influencer de l’intérieur. Habituellement notre politique est de participer, d’échanger des idées, de changer le mode de pensée des participants à ce genre de rencontre. Mais je pense  maintenant, particulièrement après Durban I, que cette politique est parfois erronée.

Et il y a des erreurs que nous ne pouvons nous permettre de répéter, car en participant à ce genre de rencontre, en essayant d’influencer de l’intérieur, notre participation est souvent exploitée par des éléments dont l’agenda est très clair.

 

En conséquence, je souhaiterais exprimer clairement notre position. Israël ne participera pas et ne légitimera pas la conférence des Nations Unies sur le racisme, appelée Durban II, à moins qu’il soit prouvé que la conférence ne sera pas utilisée comme plateforme pour des activités anti-israéliennes et antisémites. Nous faisons appel à la communauté internationale et disons :

Votre participation à de telles conférences légitime la haine, l’extrémisme et l’antisémitisme sous la bannière « Luttons contre le racisme ». Israël ne participera pas à de telles conférences encourageant la haine, et nous attendons des Etats, pays et dirigeants ayant la même vision d’en faire autant. En effet, la bataille contre l’antisémitisme débute en ouvrant les yeux, plutôt qu’en l’ignorant, et en refusant de coopérer avec ce genre d’idées et de rencontres.

 

J’aimerais saisir cette occasion pour exprimer notre appréciation de la décision du gouvernement du Canada de se retirer de cette conférence. Comme je l’ai dit précédemment, nous attendons de la communauté internationale qu’elle n’y prenne pas part. Nous sommes plus que désireux de participer, de travailler ensemble afin d’organiser d’autres rencontres qui abordent vraiment le problème du racisme. Mais nous voulons le faire de la manière adéquate, ensemble avec des nations de bonne volonté, afin de comprendre ce qui est correct et ce qu’il ne l’est pas et ce qui est abusé et exploité par les extrémistes qui visent à promouvoir leur propre ordre du jour. Ce dernier n’est pas caché et nous devrions l’exposer clairement.

 

J’aimerais en profiter pour remercier Irwin Cotler** de vouloir changer la situation. Il ne s’agit pas uniquement de discuter et se rencontrer une fois par an ou après quelques mois, mais nous devons changer la réalité entre les rencontres. J’aimerais aussi remercier John Mann***pour avoir proposé d’accueillir le Global Forum l’année prochaine.

 

L’année dernière, j’avais dit qu’en tant qu’Israélienne et Juive, je pense que nous partageons tous le même rôle et participons à la même bataille sous différentes formes : en tant qu’Israélien pour l’existence de l’Etat d’Israël, en tant que Juif contre l’antisémitisme, et en tant que membre du monde libre contre l’extrémisme. Et nous l’emporterons. Merci

 

*Rescapé de la Shoah, membre éminent du Congrès américain, président de la Commission des Affaires étrangères de la Chambre des Représentants, Tom Lantos était un défenseur passionné des droits de l’Homme. Il est décédé le 12 février 2008 à l’âge de 80 ans.

**Député canadien et ancien ministre de la Justice du Canada

***Député britannique et président du groupe interparlementaire contre l’antisémitisme

 

Source MFA

Traduction Ambassade d’Israël en Belgique et au Luxembourg

 

 


Selon F. Frattini, Commissaire européen à la sécurité, l’Europe n’a pas été équitable envers Israël

22 janvier 2008

Très bref extrait : «… il y a eu beaucoup d’incompréhension entre l’Europe et Israël au cours des récentes années… Trop longtemps, l’opinion publique européenne et quelques-uns de ses dirigeants ont fait porter à Israël une trop grande part de la responsabilité de l’échec du processus de paix…». Il va de soi que tout le discours du Commissaire européen n’est pas, tant s’en faut, consacré à un mea culpa européen, ni à une reconnaissance des torts de l’UE envers Israël, il n’en témoigne pas moins d’un revirement significatif d’attitude de la part de cette importante institution. En témoigne cette phrase : «L’Europe est mieux préparée à prendre elle-même des risques réels, à investir gros sur le plan politique et à assumer les problèmes et les intérêts israéliens, d’une manière qui ne figurait pas à notre ordre du jour dans les premières années de l’Intifada». On pourra objecter que l’empathie, dont fait preuve Frattini pour l’Etat juif, n’est pas forcément partagée par les hautes instances de l’UE. Mais quiconque lit attentivement ce texte aura tôt fait de se convaincre qu’il ne s’agit pas d’un discours d’apparat, ni de formules diplomatiques aimables, mais d’un exposé succinct des grandes lignes d’un vrai projet de synergie politique entre l’Union et Israël. On notera, à ce propos, que l’orateur parle de « l’Etat juif d’Israël », une formulation qui n’est certainement pas innocente, si l’on en juge par les tentatives, irritées et réitérées à plusieurs reprises ces dernières semaines, des dirigeants palestiniens – dont le Président de l’AP, Mahmoud Abbas lui-même [*] – pour la récuser [*]. »(Menahem Macina).

 

 

[*] Voir : " Report: Abbas reiterates refusal to recognize Israel as 'Jewish state' ", Haaretz, 02.10.08.

 

Sur le site de l’Union Européenne

Texte original anglais : « From the outside, looking in: international perspectives on the Middle East Israel at 60: test of endurance » [Regarder de l’extérieur à l’intérieur : Perspectives internationales pour le Moyen-Orient. Israël à 60 ans : une épreuve d’endurance]. 

 

Traduction française : Menahem Macina.

 

Herzliya, 22 janvier

 

Je suis heureux d’être ici, en Israël, quelques jours seulement après des discussions sur des sujets centraux entre Israël et les négociateurs palestiniens. Cela me fournit l’opportunité d’être avec des amis, de parler de politique et d’échanger mes vues, partagées par beaucoup à défaut de tous en Europe.

Durant huit longues années, le conflit entre Israël et l’Autorité Palestinienne n’a produit que du désespoir et enflammé l’extrémisme. Les espoirs de paix de 1990 ont engendré le scepticisme. La porte qui s’était ouverte à Oslo s’est refermée sèchement sur nous, d’un seul coup, à l’automne 2000. Il y a maintenant, semble-t-il, une nouvelle opportunité. Nous ne pouvons la laisser s’échapper comme les précédentes. Mais pour saisir l’occasion et faire de 2008 l’année de la paix israélo-palestinienne, nous ne devons pas être aveugles aux leçons du passé.

Les années 2000-2008 ont été ponctuées non seulement par les souffrances des peuples israélien et palestinien, mais aussi par une grande incompréhension de la nature réelle de ce conflit, partout dans le monde et en Europe.

Nous autres, Européens, avons toujours cru que la paix au Moyen-Orient est très importante pour nous. Nous sommes vos voisins ; nous avons en commun un passé riche en grandes réalisations et en terribles tragédies.

Plus encore, nous avons en partage un avenir de compréhension et de prospérité accrues.

Résoudre ce conflit nous permettra de traiter plus facilement d’autres défis. Nous avons depuis longtemps reconnu les droits nationaux du peuple palestinien. Nous avons également réitéré notre engagement de longue date en faveur du droit de l’Etat juif d’Israël à vivre en paix et en sécurité.

Mais au-delà de la réitération fréquente de ces convictions, il y a eu beaucoup d’incompréhension entre l’Europe et Israël au cours des récentes années.

Israël s’est plaint de l’Europe durant des années – et non sans raison, quelquefois. Trop longtemps, l’opinion publique européenne et quelques-uns de ses dirigeants ont fait porter à Israël une trop grande part de la responsabilité de l’échec du processus de paix.

Trop longtemps, nous avons négligé les inquiétudes et les préoccupations légitimes d’Israël concernant le terrorisme, le fanatisme et le refus de groupes importants, au sein du monde arabe, d’accepter l’existence d’Israël, sans parler de sa légitimité.

Trop longtemps, le fâcheux état de la sécurité d’Israël a dépassé notre compréhension et a été rejeté comme le prétexte d’une inaction diplomatique.

Au lieu de cela, nous aurions dû comprendre plus tôt les préoccupations d’Israël, car votre situation difficile face au terrorisme est la même que la nôtre. Cela ne veut pas dire que le bilan d’Israël est sans tache. En tant qu’amis, il est de notre devoir de critiquer notre ami et allié, courtoisement et avec respect, quand nous estimons que vous avez eu tort. Mais, trop souvent, notre critique n’a pas réussi à reconnaître au moins les dilemmes auxquels Israël était confronté. Nous avons demandé à notre ami de prendre des risques, mais nous ne lui avons pas toujours offert des garanties qu’en prenant ces risques Israël ne se retrouverait pas sans aide.

Durant les trois années de la seconde Intifada palestinienne, beaucoup, en Europe, hésitaient à reconnaître que la tendance croissante et insidieuse de la haine que la violence au Moyen-Orient a déchaînée pouvait être appelée "antisémitisme". Cette maladie européenne a développé de nouvelles racines et pris de nouvelles formes. Mais les choses ont changé. Des gouvernements ont pris note et ont agi davantage. Cette attitude préjudiciable, cette prise de position à l’égard d’Israël et des Juifs n’a pas de place et ne doit pas en avoir dans l’Europe d’aujourd’hui. Qu’on les présente comme les effets indésirables d’injustices politiques ne change rien. C’est tout simplement injustifiable. Point.

L’antisémitisme est la forme la plus laide et la plus hideuse de la haine raciale, qui aboutit à maltraiter nos concitoyens juifs. Les Européens n’ont pas besoin qu’on leur rappelle à quoi cela peut mener. Quand Israël nous rappelle l’antisémitisme en Europe aujourd’hui, nous devons prendre la chose au sérieux, car ce terrible préjudice, si on s’abstient de l’affronter, constitue une grave menace pour l’édification de nos sociétés démocratiques.

De même, l’Europe évalue mieux maintenant les aspects complexes du paysage moyen-oriental. L’Europe est mieux préparée à prendre elle-même des risques réels, à investir gros sur le plan politique et à assumer les problèmes et les intérêts israéliens, d’une manière qui ne figurait pas à notre ordre du jour dans les premières années de l’Intifada.

Il y a moins de deux mois, des dirigeants se sont assemblés à Annapolis, dans le Maryland, pour rétablir l’espoir dans le processus de paix israélo-arabe. En parcourant la liste des participants, on ne peut manquer de reconnaître le long chemin parcouru au cours des huit dernières années. Beaucoup de ministres des affaires étrangères des Etats-membres de l’Union européenne étaient là, côte à côte avec des diplomates de haut rang de l’UE. A elle seule, notre forte présence à Annapolis est significative, comparée à notre absence politique antérieure, comme en 2003, à Aqaba.

Certes, Annapolis est une promesse de paix, non la paix elle-même. Nous croyons que ce conflit fait partie d’un réseau complexe de problèmes apparentés dans la région.

Heureusement ou non, l’entièreté du processus est très fortement influencé par le contexte politique régional, qui est loin de rendre facile la position de MM. Olmert et Abbas.

L’Iran s’efforce de jouer un rôle mondial et d’exercer une hégémonie régionale. Si la première ambition est légitime pour tout pays démocratique, la posture du Président de l’Iran, appelant à la destruction d’Israël et mettant en doute l’Holocauste met ces objectifs dans une lumière entièrement différente et extrêmement inquiétante. Nous, les partenaires internationaux devrions empêcher l’Iran de se doter d’une bombe atomique. Cela déstabiliserait énormément le monde et la région. Déjà maintenant, les pays arabes ont peur de l’Iran. Que serait-ce si ce pays avait un tel moyen de dissuasion ? L’Iran serait le seul pays de l’OPEC à posséder une bombe atomique. Il n’est pas difficile d’imaginer les conséquences que cela pourrait avoir pour Israël, pour la région, sur les prix du pétrole et sur la sécurité mondiale. Ce n’est pas seulement le problème d’Israël, c’est notre problème commun, en Europe et dans le reste du monde.

Je suis favorable à la troisième série de sanctions de l’ONU s’il n’y a pas de progrès d’ici la fin de la période de quatre semaines, à laquelle M. Al Baradei a donné son accord en Iran, la semaine passée. Une solution diplomatique serait la meilleure option si, et seulement si, elle est combinée avec des sanctions sévères. Il y a aussi une estimation erronée de la puissance des forces démocratiques en Iran. Malheureusement, elles ne sont pas bien organisées et leur nombre est encore très limité. En tant qu’Europe, nous devons leur montrer ce que leur coûterait l’isolement international et leur faire comprendre la nécessité où ils sont de mieux réagir.

La Syrie est un partenaire de longue date de l'Iran malgré leurs profondes différences. L’un est un régime théocratique shiite et l’autre, un état socialiste à population majoritairement sunnite. Pourtant personne n’a vraiment réussi à les séparer l’un de l’autre depuis 1969.

Rien ne me fait croire que nous y parviendrons cette fois. Leur alliance s’est forgée sur la base d’un combat commun contre l’Occident.

C’est également crucial pour la relation avec le Liban, où les espoirs sont que le plan en trois points négocié avec la médiation de la Ligue Arabe ne soit pas accepté.

Telles sont mes réflexions sur un plan géopolitique plus large. Elles sont fortement influencées par la perception détaillée que j’ai en matière de problèmes de sécurité et de lutte contre le terrorisme mondial – politique dont j’ai la responsabilité en Europe.

Le terrorisme est une menace mondiale. Le monde entier est concerné par lui.

Nous avons des technologies ultrarapides, des transports et des médias stables. Nous avons des liens au niveau individuel – amis, famille ou relations d’affaires -, au niveau politique – par le biais d’organisations internationales -, et, hélas, par le biais de réseaux criminels et terroristes. Les frontières entre l’Europe et le Moyen-Orient, entre l’extérieur et l’intérieur, sont de plus en plus floues.

Un conflit violent dans un pays instable a des conséquences au-delà de ses frontières. Et un pays stable peut avoir des criminels et des terroristes en son sein. L’Afghanistan sous le régime des Talibans, ou les terroristes élevés dans leur patrie anglaise, le démontrent.

Israël n’est pas seulement un partenaire-clé pour l’Europe, il est aussi notre partenaire naturel. Israël vit et existe selon les mêmes traditions et les mêmes valeurs que les citoyens européens. J’espère développer notre coopération dans un avenir proche. C’est la seconde raison pour laquelle je suis venu en Israël rencontrer mes interlocuteurs majeurs. Le premier étant la Conférence d’Herzliya.

Israël combat les mêmes menaces terroristes que l’Europe, mais à une beaucoup plus grande échelle. Nous sommes témoins de l’existence de groupes terroristes nationaux. On constate, en Israël, une radicalisation extrême et une transformation très mobile de groupes islamiques violents, qui agissent dans les territoires occupés et au Liban.

Le principal d’entre eux, le Hamas – qui appuie son radicalisme sur son armée privée – a provoqué une riposte israélienne et constitué un défi pour les opposants palestiniens. Je suis fier de ce que, durant la présidence italienne de l’Union européenne [UE], en 2003, à l’époque où j’occupais le poste de Ministre des affaires étrangères, le Hamas a été mis dans la liste des groupes désignés comme terroristes par l’UE. Le Hamas n’a jamais renoncé à son projet de détruire Israël et rejette toujours le principe d’une solution à deux Etats. C’est pourquoi le Hamas ne peut être un interlocuteur valable, ni pour la communauté internationale, ni pour le pauvre peuple palestinien, qui devra réaliser – et le plus tôt sera le mieux, que le Hamas ne leur a apporté que le désastre.

Les groupes terroristes ont de plus en plus recours aux nouvelles technologies et ont tôt fait de se reconstituer, quel que soit le lieu où ils opèrent dans le monde. En conséquence, il y a beaucoup de choses que l’Europe et Israël peuvent faire ensemble.

L’un des meilleurs résultats est la création de l’ESRIF – Forum Européen pour la Recherche et l’Innovation Sécuritaires –, qui fait appel conjointement aux secteurs public et privé pour soutenir la recherche en matière de sécurité. Un milliard quatre cents millions d’euros (pour les années 2007 à 2013) ont été consacrés à cette entreprise, et je suis fier de ce qu’Israël soit membre de cette initiative.

La sécurité n’est pas un cadeau et je crois que, grâce à une meilleure interaction entre partenaires publics et privés, grâce à une meilleure coopération entre l'Europe et Israël et d’autres partenaires du Moyen-Orient, nous pourrions améliorer considérablement la sécurité de nos citoyens, ainsi que celle de nos intérêts communs.

Je m'engage, à titre personnel et à titre institutionnel, à aider Israël et le peuple israélien, dans les années à venir, en vue de réaliser notre objectif commun de paix et de prospérité dans cette région.

 

Franco Frattini

Commissaire européen à la Justice, à la liberté et à la sécurité

 


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